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AFP 05.05.05 | 14h00
L’avocat tunisien Mohamed Abbou, condamné le 28 avril à 3 ans et demi de prison, observe depuis mardi une "grève de la faim illimitée" à la prison du Kef (nord-ouest de la Tunisie), annonce le Comité international d’avocats mis en place pour réclamer sa libération."Me Abbou a décidé d’entrer en grève de la faim illimitée le 3 mai pour protester contre sa détention, la façon dont s’est déroulé le procès qui a abouti à sa condamnation et les entraves aux visites" de ses avocats, précise-t-on de même source.L’avocat tunisien et militant des droits de l’Homme a été condamné dans deux affaires distinctes pour avoir critiqué les conditions de détention dans les prisons tunisiennes sur Internet et pour "violences à l’encontre d’une avocate".Les avocats qui observent un sit-in de protestation depuis un mois à la Maison du Barreau, face au Palais de Justice de Tunis, se sont également mis en grève de la faim pour 24 heures ce jeudi en solidarité avec Me Abbou, indique-t-on de même source.Ils entendent "réclamer la fin de la campagne de dénigrement qui vise à les discréditer aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale, et exiger la libération de leurs deux collègues Mohamed Abbou et Faouzi Ben Mrad".Me Ben Mrad a été, pour sa part, condamné à quatre mois de prison le 3 mai, pour "délit d’audience" au tribunal de Grombalia, non loin de Tunis, où il plaidait une affaire ordinaire.L’avocate et militante des droits de l’Homme, Radhia Nasraoui, qui fait partie du Comité de soutien à Me Abbou, a par ailleurs fait état d’une grève des greffiers jeudi, qui paralyse certains tribunaux de Tunis, dans une déclaration à l’AFP.Dans le cadre du bras de fer qui oppose actuellement les autorités aux avocats, le Conseil suprême de la magistrature (CSM) présidé par le chef de l’Etat, Zine El Abidine Ben Ali, a lancé mardi une mise en garde aux avocats.Il a fustigé les "abus, dépassements et dérives" de certains d’entre eux et demandé aux magistrats de "prendre toutes les mesures qui s’imposent pour maintenir l’ordre" dans les tribunaux.Le Conseil a insisté sur "la nécessité de préserver la dignité de la magistrature et de défendre l’intégrité des tribunaux" et appelé les magistrats "à prendre toutes les mesures qui s’imposent pour maintenir l’ordre" dans les tribunaux.En réponse, le Bâtonnier du Conseil de l’Ordre des avocats tunisiens, Abdelsattar Ben Moussa, a accusé mercredi le pouvoir d’utiliser la justice et la presse pour mater les avocats, selon lui, "en danger". |