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TUNIS (AP) - Condamné en avril dernier à trois ans et demi d’emprisonnement, l’avocat dissident tunisien Mohamed Abou observe depuis trois jours une grève de la faim dans la prison du Kef (nord-est) où il est incarcéré, a-t-on appris mercredi auprès de son épouse Samia.
Selon elle, l’avocat entend à travers cette action protester contre le "procès inéquitable" et sa "condamnation injuste".
Elle a précisé s’être solidarisée avec lui, ainsi que plusieurs militants des droits de l’Homme, pour l’accompagner dans cette grève de la faim qui devait se poursuivre jusqu’à jeudi.
Membre de plusieurs associations non reconnues et d’un parti politique, le Congrès pour la République (CPR), également non reconnu, l’avocat avait été jugé dans deux affaires distinctes.
Dans la première intentée par une consoeur qui l’accuse de l’avoir agressée lors d’une réunion d’avocats, il avait écopé de deux ans de prison ferme. La deuxième affaire lui a valu un an et demi de prison pour "diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public" et "atteinte à l’institution judiciaire". Ces chefs d’inculpation ont été retenus contre lui après la publication de deux articles sur Internet.
L’un comporte une critique virulente du pouvoir à la suite de l’invitation adressée au chef du gouvernement israélien, Ariel Sharon, à se rendre à Tunis pour participer au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) prévu en novembre. L’autre article compare la situation dans les prisons tunisiennes à celle d’Abou Ghraïb où des soldats américains avaient humilié et torturé des prisonniers irakiens. AP |