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Liberté pour Maître Mohammed Abou
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, Tunis
L’AISPP a appris que nombre de prisonniers politiques étaient en grève de la faim. Il s’agit de :
1) Le prisonnier politique Adel Rahali
Il a commencé une grève de la faim depuis plus d’un mois, soit le 9 juin 2005, pour protester contre son maintien en prison en vertu d’une loi appliquée de façon rétroactive, en violation flagrante des conventions et lois, et en l’absence de toute présomption ou preuve matérielle de sa culpabilité pour les faits qui lui sont attribués. Le prisonnier politique Adel Rahali a été déféré devant la Cour d’Appel de Tunis le 7 juillet 2005 dans un état d’épuisement tel que le tribunal a reporté l’examen de son affaire au 22 septembre prochain.
2) Le prisonnier politique Béchir Ben Mohammed Fatah a commencé une grève de la faim le 24 juin 2005 pour protester contre son maintien en prison en dépit du fait qu’il n’a commis aucun crime. Monsieur Béchir Fatah (25 ans) a été déféré pour l’instruction au Tribunal de Première Instance de Tunis pour avoir aidé à héberger, cacher, et pour avoir entravé la découverte de personnes en rapport avec les crimes de terrorisme, et pour avoir versé une cotisation, en vertu de la loi du 10/12/2003 relative à la lutte antiterroriste. Il avait été arrêté le 19 mai 2005 pour avoir aidé l’une des personnes déférées pour enquête en vertu de la loi antiterroriste, la personne en question n’étant autre que son beau-frère, un mineur de 17 ans qu’il avait logé chez lui quelques jours. Un représentant de l’association a pu lui rendre visite en prison à Tunis et constater la détérioration de son état due à sa grève de la faim.
3) Le prisonnier politique Saïfallah Ben Hassine
Le prisonnier politique Saïfallah Ben Hassine a commencé une grève de la faim le 4 juillet 2005 pour protester contre l’interdiction qui lui est faite de recevoir des livres.
4) Le prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi
L’AISPP a appris que le prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi est en grève de la faim depuis la première semaine du mois de juin 2005. Il est incarcéré à la prison de Borj El Amri où il purge une peine d’emprisonnement à perpétuité et une peine de trois ans à la suite d’un procès inéquitable ne remplissant pas les conditions minima garanties par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie. La famille du prisonnier Ridha Boukadi a dit avoir été empêchée de lui rendre visite le 23/06/2005 au motif que le prisonnier aurait refusé la visite, même chose le 30/06/2005 sous le prétexte qu’il était puni, puis encore le 07/07/2005 au terme d’une longue attente et en dépit de l’insistance et de l’entêtement des membres de la familles déterminés à voir leur fils incarcéré ou à avoir de ses nouvelles. Mais l’administration n’a pas cédé et n’a fourni aucune justification.
5) Le prisonnier politique Hassouna Ennaïli
L’AISPP a appris que le prisonnier politique Hassouna Ennaïli, incarcéré à la prison de Messaadine, où il purge une peine de 21 ans à la suite d’un procès inéquitable, a commencé une grève de la faim le 28/06/2005 pour protester contre les mauvaises conditions carcérales et les mauvais traitements de l’administration.
L’AISPP soutient la lutte légitime des grévistes de la faim et fait part de sa préoccupation quant à l’évolution de la situation dans les prisons tunisiennes. Elle rappelle la situation dramatique vécue par nombre de prisonniers politiques et le fait que certains d’entre eux soient atteints de pathologies chroniques ou d’invalidité permanente.
Elle exige leur rapprochement d’avec leurs familles et leur jouissance des droits garantis par la loi sur les prisons.
Elle exige la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.
Tunis, le 18/07/2005
Pour l’association
Maître Saïda Akremi
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |