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L’avocat de la liberté Mohamed Abbou, kidnappé puis emprisonné illégalement depuis le premier mars dernier pour avoir écrit un article sur Internet, a observé une grève de la faim de quatre jours (de samedi premier octobre à mardi quatre octobre) pour protester contre son incarcération et surtout contre les agissements d’une dictature qui est en train ni plus ni moins de mettre le pays à feu et à sang.
Derrière les barreaux, Maître Abbou continue à défier l’arsenal policier et judiciaire mis en place par le régime tunisien pour le faire taire et lui faire payer son audace et son amour de la liberté.
En effet, tout le long de ses quatre jours de grève de la faim, l’avocat de la liberté s’est cousu la bouche avec quatre « points de suture », ce qui a provoqué son évanouissement pendant l’accomplissement de ce geste hautement symbolique mais ô combien dangereux.
Dans une lettre adressée à ses amis et ses avocats, Mohamed Abbou expliquait son recours à ce type d’action périlleuse par sa volonté d’attirer l’attention des opinions publiques nationales et internationales au triste sort d’un peuple obligé de « la fermer » pour pouvoir manger et pour éviter les représailles d’une dictature des plus dangereuses.
A la vue de son mari aux lèvres tuméfiées et au visage défiguré, Samia Abbou s’est effondrée et a fondu en pleurs.
Atterré par la situation de cet « avocat de la liberté », le Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou tient le régime tunisien pour responsable de toute atteinte à l’intégrité physique et morale du plus médiatique des prisonniers d’opinion qui se comptent par centaines.
Le CILMA exige la libération immédiate et inconditionnelle de Me Mohamed Abbou et appelle tous les amoureux de la liberté à se mobiliser pour vider les prisons tunisiennes de ceux qui ont réclamé la fin de la dictature et l’avènement d’une démocratie digne de la Tunisie.
Paris, le 07 octobre 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International Pour la Libération de Mohamed Abbou |