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Extraits du mail d’AW Hani
A leur 7e jour, les grévistes de la faim du Mouvement du 18 octobre ont reçu une délégation du Mouvement Ettajdid, une visite de la Présidence britannique de l’Union européenne (UE). Grande mobilisation à l’Université. L’état de deux grévistes inquiétant.
Visite du Mouvement Ettajdid :
Une délégation du Bureau politique du Mouvement Ettajdid (ancien Parti Communiste) s’est rendue au chevet des grévistes. Conduite par Mohamed Harme, président du Mouvement, la délégation se composait de Messieurs Ahmed Ben Ibrahim et Hichem Skik, dirigeants nationaux du parti. Les responsables d’Ettajdid ont assuré les grévistes de leur soutien et leur mobilisation pour porter haut et fort leurs revendications qui sont celles du mouvement démocratique et progressiste dans son ensemble.
Par ailleurs, le Comité national de soutien a entamé ses travaux et un Comité de suivi restreint, et hautement représentatif de tous les courants de pensée et de toutes les composantes de la société civile et du mouvement démocratique, a été mis en place, pour mener à bien les actions du Comité, avec l’animation de Sana Ben Achour, juriste, universitaire et militante des droits de l’homme.
Délégation britannique et soutien politique du mouvement démocratique marocain :
Sur le plan international et pour la deuxième fois, une diplomate de l’Ambassade de Royaume Uni, au nom de la Présidence britannique de l’Union européenne, a rendu une visite aux grévistes.
D’un autre coté, Abdallah Al-Harrif, Secrétaire général de la Voie Démocratique (Annahj Addimoqrati) s’est entretenu avec les grévistes et a tenu à leur exprimer sa solidarité. Des initiatives sont en cours au Maroc pour apporter la solidarité inter-maghrébine.
Mobilisation à l’Université
Une grande Assemblée générale s’est tenue à la Faculté des Sciences juridiques Tunis 2 à l’Ariana. Le communiqué du 18 octobre des grévistes a été lu et des appels à la solidarité ont été lancés. D’autres mouvements de solidarité estudiantine ont eu lieu dans différents établissements universitaire ce lundi 24 octobre.
Un grand nombre de délégations estudiantines s’est rendu au 23, rue Mokhtar Atia à Tunis, tout au long de la journée.
Mobilisation de la diaspora
A Lyon, l’Observatoire lyonnais pour la défense des libertés et des droits de l’homme en Tunisie a tenu en fin de journée une réunion de concertation. Des initiatives ont été arrêtées.
Au Canada, à Londres, à Genève, les militants de la diaspora ont pris des initiatives de coordination. Les sites internet connaissent aussi un large débat et différentes initiatives et idées ont été avancées. Comme l’idée d’une grève tournante, d’une grève relais ou de la compilation des adresses des rédactions et des institutions, ainsi que des réflexions fort intéressantes sur la stratégie de communication et les perspectives du Mouvement.
A Strasbourg, Mesdames Térésa Chopin, mère de Farouk Chlindi, internaute de Zarzis, et Samia Abbou, épouse de Maître Mohamed Abbou, sont attendues pour une réception au Parlement européen, où elles doivent témoigner sur la situation de leurs proches prisonniers d’opinion et sur la situation générale des droits de l’homme en Tunisie.
Les médias, arabes, africains, français assurent la couverture de l’événement
Pour le deuxième jour consécutif, le quotidien algérien Al Watan a commenté l’événement, avec un titre fort parlant : "Ben Ali asphyxie les libertés", signé de Nabila Amir, en citant la militante Radhia Nasraoui, ancienne gréviste de la faim, elle aussi, et membre de la Commission Médias, du Comité national de soutien de la grève du 18 octobre. Le Quotidien, journal de Dakar a publié son deuxième article sur la grève.
La Croix, quotidien français, a publié une tribune signée de Julia Ficatier, avec le titre révélateur : "L’opposition tunisienne en grève de la faim "illimitée"", dans sa rubrique "Perspectives : les Faits, Commentaires, l’Avenir". Julia a clos son billet par cette phrase qui résume tout du mal tunisien : "Le problème est que la Tunisie joue sur la "chasse aux islamistes" pour faire passer la censure et le manque de réel multipartisme. Avec l’assentiment des pays occidentaux". On ne saurait mieux dire.
Bassam Bounenni, journaliste tunisien reconnu et jeune chercheur en Géopolitique a publié une imoposante tribune dans le très influent Arab Reform Bulletin de la prestigieuse Carnegie Endowment for International Peace. L’article "Use the Information Summit to pressure the Tunisian authorities" a été repris par the Daily Star, hebdomadaire libanais de référence dans et sur la région arabe et par le quotidien koweïti Al Watan. On ne pouvait mieux dire : Utiliser le Sommet de l’Information pour amener les autorités tunisiennes à respecter les libertés...
Paris, le 24 octobre 2005
Pour le Comité de Soutien de la grève du 18 octobre à l’Etranger
Néjib Baccouchi, Tahar Labidi, Abdel Wahab Hani |