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Liberté pour Maître Mohammed Abbou
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, Tunis
LES PRISONNIERS POLITIQUES SALUENT LE MOUVEMENT DU 18 OCTOBRE ET LUI EXPRIMENT LEUR SOLIDARITE
Les prisonniers politiques de Mehdia
Des prisonniers politiques de Mehdia aux héros de la Tunisie : nous vous saluons, nous vous tendons la main et nous nous associons à vos préoccupations et vos efforts.
Nous soutenons votre grève de la faim et jugeons votre démarche audacieuse, spécifique et inédite. Elle porte un message double, en ce qu’il témoigne du désespoir et de l’absence de perspective à l’horizon, mais il est aussi un espoir et un défi puisque l’élite des militants du pays met sa santé et sa vie dans la balance pour faire pencher cette dernière du coté de la liberté du peuple et de sa libération à jamais du nud coulant du pouvoir d’un seul.
Le prisonnier politique en Tunisie, a fortiori le prisonnier islamiste, a traversé une longue période d’abandon, d’absence de tout soutien. Aujourd’hui nous plaçons notre espoir en ce que tous ceux qui sont épris de justice et de liberté s’avèreront les meilleurs soutiens, les meilleurs défenseurs et les meilleurs militants, ceux qui mettra fin à l’injustice qui est pratiquée contre nous depuis quinze ans. (...)
Des prisonniers politiques de Borj El Amri aux artisans du mouvement du 18 octobre
Nous demandons à Dieu qu’il vous accorde la paix, la réussite, la fermeté et la constance pour la réalisations de vos revendications et de celles, légitimes, du peuple tunisien.
Nous nous saisissons de cette opportunité pour (...) transmettre notre reconnaissance pour le rôle joué par l’AISPP, tout ce qu’elle a entrepris envers nos familles et nous-mêmes (...) Nous remercions tous les partis et parties de la société civile, la LTDH et le CNLT, l’ALTT, qui ont soutenu nos revendication et notre droit à la liberté après toutes ces années de mort lente. De même nous remercions le journal « El Maouqif » qui a ouvert régulièrement ses colonnes aux problèmes des prisonniers politiques et à leurs grèves (...)
Nous appelons tous les médias libres et militants à nous défendre et à faire entendre nos voix atones à tous les lecteurs en Tunisie et à l’étranger.
Nous soutenons votre grève qui est la notre. Nous soutenons votre mouvement en défense de la Tunisie et de ses enfants, de leur droit à la dignité et à une pratique de l’action politique libérée de la peur. (...)
Lettre des prisonniers politiques de Borj Er Roumi
Nous, prisonniers politiques du pénitencier de Borj Er Roumi
A toutes les composantes de la société civile en Tunisie et tous les êtres libres de par le monde.
Voici un bref aperçu de notre vie et de notre calvaire (...)
Le calvaire du prisonnier politique commence avec son appellation en tant que « catégorie spéciale », dénomination qui n’a pas de base légale. Le prisonnier de « catégorie spéciale » est privé de tous les droits prévus par la loi pour les prisonniers qu’ils soient politiques ou de droit commun (...) : privation de ses droits, isolement, famine, abandon, guerre d’usure, provocation quotidienne, pour attenter à son moral et lui nuire matériellement et moralement.
(...) Nous sommes privés depuis quinze années de l’accès élémentaires à la culture et l’enseignement (papeterie, livres quels qu’ils soient, revues). Le prisonnier est placé dans une prison éloignée de sa famille, ce qui l’épuise et la mène tout droit à la tragédie et les difficultés (...)
Le pouvoir contribue à rompre le lien entre le prisonnier et sa famille en le privant de visite directe, droit qu’il octroie aux prisonniers de droit commun, en le privant de colis postaux (sauf s’ils contiennent des vêtements), en le privant de correspondance libre, en limitant drastiquement le nombre des courriers à deux par mois et en réduisant la surface écrite de la lettre (...). Il n’a pas droit à recevoir les visites des proches que sont les neveux, les cousins et les amis. La visite se déroule sous la surveillance rapprochée de la police qui consigne tout ce qu’il dit à sa famille, contribuant à placer le parloir sous le signe de la peur alors qu’il devrait s’agir d’une rencontre intime.
(...) Le tout est aggravé par la planification des agressions sexuelles à répétition, les provocations de toutes sortes qui sont devenues le lot quotidien de tous les prisonniers d’opinion en Tunisie, la dernière étant celle qui a visé le prisonnier politique Nasser Bejaoui, et qui a été perpétrée par l’administration de cette prison. Il a été roué de coups simplement parce qu’il exerçait son droit à la grève de la faim. Il a été supplicié et on a tenté de le contraindre à arrêter sa grève.
Nous sommes fiers de cette grève courageuse et attachés à ses revendications ;
Nous avons été sensibles à cet esprit solidaire envers nous à une époque où ceux qui parlent se font rares (...)
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT) |