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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel : 71 340 869, Fax : 71 351 831
Tunis, le 26 septembre 2005
L’AISPP suit avec une appréhension qui va croissant la grève de la faim déclenchée par un grand nombre de prisonniers et de détenus politiques depuis le début du mois, afin d’exiger leur libération. Ce mouvement s’est élargi pour englober près de 65 personnes qui considèrent injustifié leur maintien en prison. Parmi eux, citons Messieurs
Hamadi Jebali, directeur du journal El Fejr, dirigeant du Mouvement de la Tendance Islamique puis du mouvement En Nahdha, ingénieur, marié et père de trois filles dont l’une, la plus jeune, ne l’a vu qu’à travers des barreaux métalliques. Détenu depuis quinze ans, il est actuellement à la prison de Mehdia. Il a commencé sa grève de la faim le 15 septembre 2005.
Abdelhamid Jelassi, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Mehdia. Il a commencé sa grève de la faim le 15 septembre 2005.
Hédi Ghali, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Mehdia. Il a commencé sa grève de la faim le 15 septembre 2005.
Bouraoui Makhlouf, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Mehdia. Il a commencé sa grève de la faim le 15 septembre 2005.
Mohammed Salah Gsouma, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Mehdia. Il est entré en grève de la faim le 15 septembre 2005 pour exiger d’être libéré.
Zine El Abidine Snoussi, membre du mouvement En Nahdha. Détenu depuis quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Mehdia. Il est en grève de la faim depuis le 15 septembre 2005.
Mohammed Habib Ayachi, membre du mouvement En Nahdha. Détenu depuis quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj Er Roumi. Il a commencé sa grève de la faim le 16 septembre 2005.
Mohammed Akrout, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Sfax en isolement. Il a commencé sa grève de la faim le 29 août 2005.
Ajmi Lourimi, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Ridha Boukadi, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de neuf ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Mohammed Mokdad Arbaoui. Dirigeant du mouvement En Nahdha, détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Abderraouf Tounakti, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Sadok Arfaoui, dirigeant de l’Union Générale Tunisienne des Etudiants. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Sahbi Atig, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Daniel Zarrouk, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Taoufik Zaïri, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Ridha Saïdi, dirigeant du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Maher Khalsi, membre du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Néjib Gharbi, membre du mouvement En Nahdha. Détenu depuis plus de quatorze ans, il est actuellement à la prison civile de Borj El Amri. Il a commencé sa grève de la faim le 20 septembre 2005.
Nabil Rtibi, Nabil Slimani, Souhaïl Beldi, Saber Ben Mokhtar Hosni et Khaled Arfaoui, arrêtés en vertu de la loi anti terroriste, ont commencé une grève de la faim le 20 septembre 2005.
Chedly Naccache est en grève de la faim à la prison de Mehdia. Il est détenu depuis plus de quatorze ans.
Mohammed Bouazza est en grève de la faim à la prison de Borj Er Roumi depuis le 10 septembre 2005.
Les prisonniers politiques jugent injustifié leur maintien en prison. Nombre d’organisations de droits de l’homme les considèrent comme des victimes de procès inéquitables. La grève de la faim reste leur seul moyen pour exprimer ressentiment d’avoir été condamnés pour leurs opinions ou appartenances politiques, de subir des mauvais traitements et de vivre des situations dramatiques dans les prisons tunisiennes. Beaucoup ont, avec leurs familles, revendiqué l’entièreté de leurs droits, mais leurs appels n’ont pas été entendus.
Le calvaire des prisonniers politiques ne s’arrête pas à leur sortie de prison. Beaucoup d’entre eux sont traqués à l’issue de leur peine. Ils protestent par des grèves de la faim, comme c’est le cas pour le prisonnier politique Abdallah Zouari qui a été éloigné de sa famille qui réside à Tunis et exilé dans le sud tunisien. Il a mené plusieurs grève de la faim, la plus récente est celle qu’il a commencée le 23 août 2005 pour pouvoir rejoindre le domicile familial à Tunis. L’AISPP a appris que son état avait empiré. Même chose pour Adel Thabti, membre du bureau exécutif de l’UGTE, qui a purgé l’entièreté de sa peine d’emprisonnement de cinq ans et s’est vu interdire de s’inscrire en faculté pour y poursuivre ses études. Il a alors commencé une grève de la faim le 5 septembre 2005. Il est à l’heure actuelle dans sa ville d’Ain Jalloula à Kairouan, bien isolé, et l’AISPP craint que l’irréparable ne se produise.
L’AISPP qui n’a eu de cesse d’exiger la libération des prisonniers politiques et a suivi avec consternation la détérioration de leur état de santé (suite aux nombreuses maladies infectieuses contractées en prison et faute des soins requis en temps voulu, maladies qui ont entraîné plusieurs décès en prison ou à leur sortie de prison dès lors que leur état de santé s’aggravait et devenait incurable), considère que le maintien des prisonniers politiques pour de longues périodes dans des locaux infestés et des conditions insalubres, est une souillure sur le front du pays et celui des Tunisiens, que tout ceci ne relève pas d’une société civilisée faisant montre d’éthique.
L’AISPP s’en est exprimée par les moyens autorisés auprès des responsables à tous les niveaux.
Elle craint qu’une catastrophe ne survienne : décès de ces grévistes ou d’autres qui les rejoindraient. Il est déjà arrivé que des grévistes de la faim frôlent la mort et que l’un d’eux décède.
L’AISPP lance un cri d’alarme à toutes les consciences vives en Tunisie et de par le monde :
Qu’elles interviennent pour éviter la catastrophe.
L’AISPP exige la libération de tous les prisonniers détenus pour leurs opinions
Fait endosser à ceux qui sont à l’origine de la condition tragique des prisonniers ce qui pourrait arriver à ces derniers.
Elle considère que le maintien des prisonniers politiques en prison dans de telles conditions est un crime contre le pays et contre l’humanité.
Le président de l’Association
Maître Mohammed Nouri
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |