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Liberté pour Mohammed Abbou
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya Tunis
Communiqué
Tunis, le 20 octobre 2005
EXTENSION DU MOUVEMENT DE GREVES DE LA FAIM
DANS LES PRISONS TUNISIENNES
REVENDICATION : LA LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES
La famille du prisonnier politique Abdelmajid Ghidhaoui, détenu à la prison du 9 avril à Tunis, a dit que ce dernier était en grève de la faim depuis le 8 octobre 2005 pour protester contre les mauvais traitements et exiger sa libération. Le prisonnier politique Abdelmajid Ghidhaoui a dit à sa famille lors de la visite qu’elle lui a rendue le 17 octobre qu’il a été en butte le 8 octobre à une agression perpétrée par des agents, sur ordre et sous la supervision du directeur de la prison, Fayçal Rommani, et ce, à la suite d’une escarmouche verbale avec l’un des agents. Puis il a été mis au cachot avec un prisonnier de droit commun. Sa famille n’a pu lui rendre visite le 11 octobre 2005 au prétexte qu’il était puni et n’a pu le voir que le 18 octobre. Il a été extrait, porté, incapable de marcher et a demandé à son frère de porter plainte contre le directeur de la prison, Fayçal Rommani, pour cette agression physique et morale. La visite a été écourtée par les agents qui l’ont violemment évacué en le frappant et en le menaçant au vu et au su des membres de la famille, épouvantés.
L’AISPP a observé nombre de dépassements et d’agressions commises particulièrement par le directeur de la prison du 9 avril, Fayçal Rommani, comme l’agression d’Abdellatif Bouhjila, contraint par la violence de cesser sa grève de la faim, ce qui lui a laissé des séquelles aux oreilles, et des agressions contre les prisonniers politiques en grève de la faim dont un mineur, Hassan Nasseri, âgé de 17 ans.
L’AISPP a appris que les prisonniers politiques, les deux frères Choukri Zoghlami (prison de Jendouba) et Ibrahim Zoghlami (prison du Kef) étaient en grève de la faim, le premier depuis près d’un mois et le second depuis une semaine environ, pour exiger leur libération. Ils ont déjà passé près de 15 ans en prison.
La famille du prisonnier politique Mohammed Ali Benrejeb, détenu à la prison de Gabès, a dit qu’il était en grève de la faim depuis le 26 septembre pour exiger sa libération. Sa famille a pu lui rendre visite le 17 octobre 2005 et a été choquée de constater la profonde détérioration de son état de santé. Il a été porté, incapable de marcher, de bouger et de parler. Il tremblait et avait perdu beaucoup de poids. Le prisonnier politique Mohammed Ali Benrejeb est emprisonné depuis 1996 en vertu d’une peine de 13 ans et 4 mois.
L’association a appris aussi que le prisonnier politique Ali Ghodhbane, incarcéré à Borj er Roumi, était en grève de la faim depuis deux semaines pour exiger la jonction de ses affaires. Il a été condamné à plusieurs reprises pour les mêmes faits et est détenu depuis quinze ans.
Par ailleurs, le prisonnier politique Abdelkarim Baalouche est en grève de la faim à la prison de Mehdia depuis le 15 octobre 2005 pour exiger sa libération, tandis que les prisonniers politiques Noureddine Gandouz (prison de Nadhor) et Mahmoud Hannafia (prison de Borj Er Roumi) sont en grève de la faim depuis près de deux semaines pour exiger leur libération.
L’AISPP exprime sa solidarité avec les prisonniers politiques en grève de la faim. Elle condamne les pratiques ignobles qui les visent et les agressions à répétition auxquelles ils sont soumis, en violation des accords internationaux ratifiés par le gouvernement tunisien. Elle exige la traduction en justice des agresseurs, la fin de la tragédie et du calvaire de centaines de prisonniers politiques, ainsi que leur libération inconditionnelle.
Pour l’Association
La Secrétaire Générale
Maître Saïda Akremi
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |