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C.R.L.D.H. Tunisie
اللجنـة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme
en Tunisie
membre du Réseau
Euro-méditerranéen des Droits
de l’Homme
COMMUNIQUÉ
Maître Mohamed ABBOU en
appel :
Sombre journée dans la
honteuse réalité de la justice
tunisienne
Fidèle à sa réputation,
désormais
établie, la justice tunisienne a, encore une fois, fait la preuve de sa
servilité à l’égard du pouvoir.
Dans un procès mascarade -
plus que
d’habitude ! - présidé par Madame FAIZA SOUSSI (dont l’arrogance et la
violence
des propos méprisants à l’égard des avocats s’inscriront en lettres
capitales
dans le livre noir de l’histoire de la justice tunisienne), la Cour
d’Appel de
Tunis a, sans surprise aucune, confirmé, le 10 juin 2005, le jugement
de première instance du 28 avril 2005, ayant
condamné Maître ABBOU à trois ans et demi d’emprisonnement en l’absence
des
avocats. Ce procès fut jalonné par des suspensions répétitives
d’audience et
d’incessantes altercations avec aussi bien la Présidente que les
"forces
de l’ordre" présentes en très grand nombre à l’extérieur et dans
l’enceinte même de la Cour d’Appel, transformée à l’occasion en une
véritable
caserne.
Force est de constater que
dans ce
simulacre de procès, ce n’est pas Me ABBOU qui a été jugé mais toute
"l’avocature" !
Déni total des droits de la
défense,
avocats interdits du droit d’accès à la salle d’audience, membres du
Conseil
National de l’ordre des avocats tunisiens bousculés et molestés par des
policiers, refus sans raison d’entendre le prévenu en ses explications,
humiliation
des observateurs internationaux (venus de France, des Pays-bas,
d’Espagne, de
Finlande et de la Commission Européenne) expulsés sur ordre de la
Présidente
pour soi-disant "avoir troublé le déroulement normal (sic) de
l’audience
en raison du "bruit" occasionné par la traduction simultanée des
débats" !
Ainsi, les procès politiques
se
suivent en Tunisie, et ne se ressemblent qu’en ce qu’ils attestent de
la totale
dépendance servile de la justice aux ordres du pouvoir, alors que la
Tunisie
s’apprête à accueillir le Sommet Mondial sur la Société de
l’Information en novembre
prochain, les autorités persistent et condamnent un avocat pour le seul
fait
d’avoir publié une opinion critique sur le net.
De mémoire d’avocat, la
justice
tunisienne n’avait jamais "descendue aussi bas" dans les tréfonds de
la servitude.
Devant ce déni absolu des
droits de
la défense, du droit à un procès équitable et l’absence de la moindre
impartialité, les avocats tunisiens menés par leur bâtonnier Me
Abdessattar BEN
MOUSSA, n’ont eu d’autre choix que de quitter la salle d’audience en
signe de
protestation ultime !
Ce procès n’étant plus, dès
lors,
contradictoire sans parler de la partialité et de l’inéquité, le CRLDHT
:
exige la libération immédiate et
inconditionnelle de Me ABBOU,
exige la réouverture des débats
dans le cadre d’un procès équitable garantissant au prévenu son droit inaliénable de se défendre,
dénonce vigoureusement les
atteintes scandaleuses aux droits de la défense et à l’intégrité
physique et morale des porteurs de Robes Noires,
assure les avocats tunisiens de son
total soutien et de son indéfectible solidarité,
condamne les pressions exercées à
l’encontre de l’association tunisienne des magistrats et appelle les
autorités à respecter son indépendance,
déplore l’état de servitude
avilissante dans lequel se complait, avec arrogance, la justice
tunisienne, plus que jamais aux ordres,
sollicite des observateurs
internationaux, des médias, des ONG, des diplomates, pour leur
intervention active en signe de solidarité avec les défenseurs
tunisiens pour un état de droits et une justice indépendante.
Fait à Paris, le 13 juin 2005
Le CRLDHT
Fait à Paris, le 13 juin 2005
Le CRLDHT
—
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
CRLDHT
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75011 PARIS - FRANCE
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