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vendredi 10 juin 2005
AFP TUNIS - Le début du procès en appel vendredi de l’avocat tunisien Mohamed Abbou a été émaillé d’incidents entre avocats et la présidente de la cour qui a fait évacuer la salle après quelques minutes d’audience, a constaté un journaliste de l’AFP. Après des heurts entre forces de l’ordre et avocats, le public attendait aux abords de la salle en début d’après-midi que l’audience puisse reprendre. Me Abbou a été condamné en avril dernier à trois ans et demi de prison, sa condamnation ayant provoqué la grogne de nombreux membres du barreau tunisien qui avaient dénoncé un "procès politique pour délit d’opinion". A l’ouverture de son procès en appel devant le palais de justice de Tunis, où régnait une forte présence policière, les avocats ont distribué des roses au public avec une corolle où il était écrit : "Liberté pour Abbou". De nombreux avocats et observateurs étrangers, des membres d’Amnesty international, Reporters sans frontières et de plusieurs barreaux étrangers (dont celui de Paris), ainsi que des diplomates de France, des Pays-Bas, d’Espagne, de Finlande et des Etats-Unis avaient pris place dans la salle d’audience. D’emblée, la présidente du tribunal, Faiza Snoussi, a sommé l’accusé de répondre brièvement sur l’accusation d’agression à l’encontre d’une avocate, la défense réclamant aussitôt que l’accusé "ait le droit de s’exprimer". La présidente, estimant que la discipline ne pouvait plus être assurée, a suspendu l’audience et fait évacuer la salle par les forces de l’ordre. Me Abbou, 39 ans, avait écopé en avril dernier d’un an et demi d’emprisonnement pour "publication d’écrits de nature à troubler l’ordre public" et "diffamation d’instances judiciaires", dans le cadre d’une première affaire. Il a également été condamné à deux ans de prison pour "violences" dans une seconde affaire relative à une plainte déposée par une avocate, qui a fait valoir une incapacité physique permanente de 10%. |