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Les guillemets au mot "terrorisme" du titre ont été rajoutés par TUNeZINE et n’apparaissaient pas dans la dépêche originale.
jeudi 7 avril 2005, 23h21
TUNIS (AP) - Des peines de 15 à 30 ans de prison ferme assorties de 5 ans de surveillance administrative ont été prononcées par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis contre neuf jeunes en état d’arrestation et quatre autres jugés par défaut, pour des chefs d’accusation à caractère "terroriste", a-t-on appris jeudi auprès de l’un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor.
Selon le conseil, ses clients comptaient se rendre en Irak pour rejoindre les rangs de l’insurrection contre les forces de la coalition.
Agés de 20 à 30 ans, les condamnés sont cinq étudiants, deux ouvriers, un commerçant et un fonctionnaire. Ils étaient accusés notamment d’"appartenance à une organisation opérant hors du pays ayant adopté le terrorisme comme moyen de réaliser ses desseins". Selon les chefs d’accusation, les inculpés "envisageaient de recevoir une formation militaire à l’extérieur dans le but d’entreprendre des crimes terroristes".
Les prévenus dont le procès s’est déroulé mardi dernier ont refusé de comparaître devant le tribunal qui a dû examiner l’affaire en leur absence et sans que les avocats de la défense aient plaidé. Selon Me Ben Amor, leur attitude était motivée par "leur conviction en l’absence des garanties nécessaires pour un procès équitable".
Les mêmes accusations avaient valu en février dernier 18 ans de réclusion à un autre prévenu, Adel Saïdi, dont le procès en appel est prévu dans les prochains jours, a ajouté l’avocat. Il a fait état de plusieurs autres jugements prononcés dernièrement à l’encontre de personnes accusées de délits à caractère "terroriste".
Ces procès sont sous-tendus par la loi adoptée en décembre 2003 par le Parlement tunisien, qui vise à "appuyer les efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent", une loi décriée par plusieurs formations de l’opposition et associations qui la trouvent ’"inconstitutionnelle" et "contraire aux conventions internationales".
Le 22 mars dernier, un ancien "Afghan", Moncef Hamami, a été ainsi condamné à 15 ans de prison ferme. Il avait été extradé du Pakistan où il avait été emprisonné pendant trois ans pour "faux et usage de faux", a précisé Me Ben Amor.
Un autre prévenu extradé de France, Tarek Belkhirat, a écopé le 19 mars de 10 ans de prison ferme pour "appartenance à une organisation terroriste", tandis qu’Adel Rahali, extradé lui d’Irlande, a été condamné le 5 mars à 5 ans de prison ferme en vertu de la loi anti-terroriste. AP |