Conseil National pour les Libertés en Tunisie
Tunis, le 27 novembre 2004
Encore des procès politiques
Report de l’examen de l’affaire du groupe des étudiants de l’Ariana
Lors de sa séance du 27 novembre 2004, la chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis a renvoyé au 15 décembre l’examen de l’affaire du groupe d’étudiants de la région de l’Ariana : Hichem Saadi (23 ans), Kamel Ben Rejeb (20 ans), Mohammed Ayari (28 ans), Anis Hedhili (24 ans), Bilel Beldi (25 ans), Riadh Laouati (25 ans), Kabil Nasseri (23 ans), Ali Kalaï (26 ans), Ahmed Kasri (24 ans), Hassen Mraïdi (23 ans), Sami Bouras, Sabri Ounis et Oualid Ennaïfer, et ce, à la demande des avocats pour préparer les moyens de la défense.
Ces jeunes gens avaient été arrêtés à Sakiet Sidi Youssef le 28 février 2003 alors qu’ils projetaient de se rendre en Palestine.
De lourdes condamnations avaient été prononcées à leur endroit, allant de quatre à seize ans d’emprisonnement ferme, pour « constitution d’une bande ayant pour objectif la préparation et la commission d’attentats sur les personnes et les biens afin de semer la terreur et l’épouvante », pour « mise à disposition d’un local de réunion pour les membres de la bande » et pour « tenue de réunions sans autorisation ».
Le CNLT a constaté lors de cette séance la violation de la plus importante des garanties d’un procès équitable : qu’il soit public. La police avait bloqué l’accès à la salle et n’avait autorisé l’entrée qu’aux parents (père et mère), interdisant l’entrée des amis et proches, comme des observateurs, et ce, en vertu d’une liste pré-établie.
Les avocats de Néjib et Jalel Zoghlami font appel du jugement
Les avocats des deux frères Néjib et Jalel Zoghlami (détenus) et de leur camarade Lumumba Mohseni ( en fuite) ont fait appel du jugement condamnant Jalel et Nejib à un an d’emprisonnement et Lumumba Mohseni à trente -trois mois d’emprisonnement. Ces condamnations s’inscrivent dans une série de persécutions judiciaires subies par la famille de Jalel Zoghlami. C’est ainsi qu’un nouveau procès a été monté contre son troisième frère, le journaliste Taoufik Ben Brik, qui comparaîtra devant le tribunal cantonal de l’Ariana le 8 décembre 2004, accusé d’outrage aux bonnes murs, en vertu de faits qu’il lui est reproché d’avoir commis en avril 2004, et ce à la suite d’une plainte déposée par le propriétaire d’un café.
Le CNLT exige la libération de Jalel et Néjib Zoghlami, l’arrêt des poursuites à leur encontre et contre leur frère le journaliste Taoufik Ben Brik ainsi que contre leur camarade Lumumba Mohseni.
Pour le conseil
La porte parole officielle
Sihem Ben Sédrine
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT) |