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À peine la trêve électorale achevée, le régime tunisien a repris sa politique répressive à l’endroit de ses opposants. À défaut d’une ouverture politique, l’on s’attendait à ce que le président Ben Ali, réélu confortablement (94 %), consente à laisser s’exprimer un tant soit peu librement l’opposition tunisienne. Il n’en est rien. Sûr de ses soutiens extérieurs, notamment de la France de Jacques Chirac, le président Ben Ali a débuté son quatrième mandat par un nouveau coup de force contre les démocrates tunisiens. Arrêté le 22 septembre, Jalal Zoghlami, fondateur et rédacteur en chef du journal en ligne Kaws el Karama (l’Arc de la dignité), frère de Taoufik Ben Brik, a été condamné le 4 novembre à huit mois de prison ferme. Motif de ce jugement sévère : le journaliste a été condamné pour « destruction de biens d’autrui » ! En vérité, l’arrestation du journaliste a été délibérément provoquée. Il a été victime ainsi que l’un de ses frères d’une agression par des policiers tunisiens dans un café situé dans le centre-ville de Tunis. Une affaire qui a tout l’air d’une cabale politico-judiciaire montée de toutes pièces pour faire taire Jalal Zoghlami. Selon les ONG tunisiennes de défense des droits de l’homme, l’objectif visé par les commanditaires de cette provocation était de l’empêcher de s’exprimer durant la campagne électorale présidentielle. Pour mémoire, Jalal Zoghlami est rentré durant l’été en Tunisie après un séjour de deux ans en France. Il motivait sa décision par le fait qu’il serait plus utile en Tunisie qu’à l’étranger dans le difficile combat des démocrates tunisiens pour les libertés et la démocratie. Plusieurs ONG tunisiennes ont dénoncé ce nouveau coup de force du régime tunisien et réclament la liberté sans condition du journaliste.
H. Z. - L’Humanité 11 - 11 - 2004 |