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Deux frères du journaliste dissident Taoufik Ben Brick, Jalel et Nejib, ont été condamnés à une peine cumulée de six mois de prison chacun, ont indiqué jeudi à l’AFP leur frère et leur avocate. Ce verdict rendu public jeudi porte sur deux des trois volets de l’affaire intentée aux frères Ben Brick qui ont comparu le 28 octobre devant le Tribunal correctionnel de Tunis, cette instance ayant réservé son jugement sur le troisième volet de l’affaire, a indiqué Me Najet Yacoubi. Arrêtés le 22 septembre après une bagarre dans un café-bar du centre de Tunis, Jalel et Nejib ont été inculpés de onze chef d’accusation, dont atteinte aux biens d’autrui, tentatives de violences graves et détention d’armes blanches. A l’audience du 28 octobre, les avocats des deux prévenus ont qualifié les délits qui leur étaient reprochés d’"imaginaires" et plaidé la relaxe. Une source officielle avait indiqué à l’AFP que Jalel et Nejib "en état d’ébriété manifeste" ont "provoqué des altercations avec les clients d’un bar avant d’en venir aux mains... S’introduisant dans une pizzeria voisine, ils ont agressé un des employés de l’établissement et menacé les passants avec des couteaux", selon la même source. Taoufik Ben Brick avait affirmé à l’AFP que ses deux frères avaient été l’objet d’une "provocation manifeste" et d’un "coup monté pour punir toute la famille". Selon lui, l’affaire est liée à son projet de candidature fantaisiste à l’élection présidentielle du 24 octobre dernier, remportée par le président Zine El Abidine Ben Ali, réélu à 94,48% pour un nouveau mandat de cinq ans. Jalel, activiste trotskiste, s’apprêtait, selon son frère à faire paraître un journal clandestin extrêmement critique envers le régime. Le Tribunal correctionnel qui n’a pas tenu compte des accusations de "tentative de violences graves" a condamné par défaut Lumumba Mohsni, co-accusé des frères Ben Brick à 18 mois de prison, selon Me Yacoubi. L’épouse de Jalel, Ahlem Belhaj, a affirmé jeudi à l’AFP qu’elle n’a pas été autorisée à rendre visite à son mari à la prison de Mornag (25 km de Tunis), où il observe une grève de la faim. Taoufik Ben Brick a observé il y a quatre ans une grève de la faim très médiatisée pour dénoncer les atteintes à la liberté d’expression et les tracasseries, dont il estimait être l’objet ainsi que sa famille en Tunisie.
Agence France-Presse Tunis - 04 - 11 - 2004 |