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La 13ème chambre pénale de la cour d’appel de Tunis a
vécu aujourd hui le 6 avril 2005 l’un des épisodes les
plus scandaleux de la justice tunisienne.
A l’occasion de l’affaire des internautes de l’Ariana
N5572 le tristement désormais célèbre juge Jdidi Gani
a failli terminer l’audience tout seul dans la salle, il a commencé par expulser le prévenu Hicham Essadi
manu militari car ce dernier a exhibé son pull tâché
de sang en criant ’Voilà L’Abou Gharib Tunisien’. Il
n’a ensuite pas eu froid aux yeux en inscrivant dans le Procès
Verbal que ledit prévenu a refusé de comparaître. Il a
ensuite entamé l’interrogatoire du reste des prévenus
(Sabri Ounaeis, Sami Bouras et Kamel Benrajeb) mais
Kamel et Samir ont refusé de répondre aux questions des
juges préférant parler des exactions qu’ils subissent
dans la cellule de la Prison Civile de Tunis. "Le juge "
,répliqua la cour, "n’en a rien à faire, c’est du
ressort de la direction de la prison" et Sami d’ajouter :
"nous sommes tous sous la responsabilité de la cour". Le
juge n’a alors rien trouvé de mieux que de dire : "Tout ce qui se passe en dehors de cette salle échappent a la
responsabilité du tribunal" (sic).
Suite à ces
incongruités, Sami n’a pas hésité à regagner la geôle
en scandant le verset coranique "Prononce le jugement
que tu as à prononcer, tu ne juges que dans ce bas monde"
Kamel n’a même pas décline son identité, il a rejoint
son codétenu en criant "Vous êtes tous des corrompus
... que Dieu vous emporte"
La défense est alors intervenue pour demander le report de l’audience pour présenter des documents prouvant
l’autorité de la chose jugée concernant Hicham et Kamel
et pour permettre au reste des avocats de plaider
surtout qu’ils n’ont pu assister au procès car ils
font partie du sit-in organise par le comite de
défense de Mohamed Abbou.
Le parquet a demandé le refus du report et suite à la
délibération instantanée la cour a décidé de continuer
l’audience. L’avocat du prévenu Sabri, le seul a
comparaître, a expliqué au juge qu il ne peut plus
plaider dans des conditions pareilles et il a essuyé un
refus non moins catégorique et insensé.
Les choses ont alors commencé a tourner au ridicule.
L’un des avocats de la défense a persisté dans la
demande du report de l’audience surtout que les
irrégularités touchant à l’affaire ne permettent plus
un jugement juste et équitable conformément à la loi, ce à quoi le juge a opposé une fin de non recevoir.
Les avocats se sont alors retrouvés dans l’obligation d’annoncer leur retrait collectif comme
acte de protestation contre cette parodie de justice.
Le parquet a demandé l’aggravation de la peine pour
les trois premiers prévenu et le maintien pour Sabri.
?(N.B. le seul à n’avoir pas quitté la salle d’audience)
Mail de Mokhtar Yahyaoui
Relecture et corrections mineures : TUNeZINE
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