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 Le Parti communiste des ouvriers tunisiens (opposition, non reconnu) a appelé au boycott des élections générales du 24 octobre en Tunisie, qualifiées de "mascarade électorale" dans une déclaration transmise samedi à l’AFP. Le PCOT, petite formation d’extrême-gauche tolérée mais non reconnue par les autorités, est dirigée par Hama Hammami, en liberté conditionnelle depuis 2 ans après avoir été emprisonné à la suite d’un procès mettant fin à des années de clandestinité. Dans sa déclaration, il affirme son hostilité à la candidature du président Zine El Abidine Ben Ali à un nouveau mandat, qui serait, selon lui, "illégal", car "résultant d’une manipulation de la Constitution destinée à lui ouvrir la voie à une présidence à vie", affirme-t-il. Le PCOT dénonce la participation "pour le décor" des partis d’opposition parlementaire aux élections et affirme que "la participation-protestation de militants démocrates ne fera que justifier la manipulation de la Constitution et le monopole absolu du parti au pouvoir sur le vie politique". Préconisant la mobilisation pour une amnistie générale, l’indépendance de la justice et la séparation entre l’État et le parti au pouvoir, le PCOT tourne en dérision le soutien proclamé à M. Ben Ali par les organisations nationales, y compris la centrale syndicale. Il s’agirait, selon lui, d’une "campagne visant à justifier d’avance la mascarade d’une victoire écrasante" de M. Ben Ali "face à des concurrents qu’il s’est choisi lui-même". Le président Ben Ali, 68 ans, est candidat à sa propre succession pour un quatrième mandat de cinq ans, rendu possible par une réforme de la Constitution approuvée par référendum (plus de 99 % de oui). Il est assuré de l’emporter sous la bannière de son parti, le Rassemblement Constitutionnel démocratique, qui devrait maintenir une majorité écrasante au Parlement à l’issue des législatives se déroulant en même temps que la présidentielle. Au regard de la loi, le PCOT est interdit d’activités politiques et exclu de participation au processus électoral pluraliste réservé aux formations légalement reconnues. Deux partis légaux mais sans siège au parlement ont décidé le boycott de l’élection présidentielle. Sur les cinq autres siégeant au parlement, deux ont appelé à voter pour M. Ben Ali et trois ont présenté des candidats à la présidence.
© Agence France Presse 25 septembre 2004 |