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Taïeb Moalla Journaliste tunisien Québec - Canada
Dans LE SOLEIL du 27 septembre 2004, Hedi Kaffel s’indigne du discours "négatif" et "partisan" d’un opposant tunisien - Me Nejib Chebbi - en tournée canadienne. Il lui reproche, entre autres, d’avoir avancé que la pauvreté touche 25 % de la population tunisienne et confirme ainsi, involontairement, les déclarations de l’opposant tunisien ! Si l’on doit se conformer aux seuls critères monétaires, la pauvreté ne toucherait effectivement que 4,2% de la population tunisienne. Mais, en introduisant les critères développés par le Programme des Nations unies pour le développement - et son fameux Indice du développement humain - la pauvreté en Tunisie touche au moins 20% de la population.
Mais au-delà de ces querelles de chiffres, et de la langue de bois de l’auteur "[les] récusations [de l’opposant] envers les performances politico-socio-économiques tunisiennes ont profondément choqué toute (sic) la communauté tunisienne", il est choquant qu’il prétende parler au nom de "toute la communauté tunisienne". Ceci dénote une mentalité qui fait que nos "élus" obtiennent systématiquement 99 % des suffrages, que toutes les voix discordantes sont étouffées, que la presse tunisienne est totalement ligotée et que les Tunisiens sont privés de leurs droits les plus élémentaires : le droit à l’expression, à l’association et le droit à une vie politique pluraliste.
Pour ceux qui, comme M. Kaffel, comparent la tournée de Me Chebbi à un "prétendu ouragan dans le ciel québécois", sachez que tout ce que les Tunisiens libres souhaitent est que notre pays soit emporté par un ouragan de... démocratie et de liberté.
© Le Soleil Carrefour des lecteurs Opinions, samedi 2 octobre 2004, p. D5 |