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Une cinquantaine de policiers en civil cubains sont intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi à La Havane pour mettre fin au "sit-in" des épouses de prisonniers politiques Place de la Révolution, a-t-on appris auprès des manifestantes. "A 03H15 (07H15 GMT), trois fonctionnaires, deux femmes et un homme habillé en civil, se sont présentés à Berta (Soler Fernandez) et lui ont dit qu’elle ne pouvait rester ici et qu’ils ne pouvaient tolérer les pressions", a déclaré à l’AFP Gisela Delgado, l’épouse d’Hector Palacios (bien : Palacios), un dissident condamné à 25 ans de prison. Sans violence, les policiers, une cinquantaine en tout, ont raccompagné en voiture à leur domicile les six femmes qui "campaient" Place de la Révolution depuis mardi matin pour demander la libération de leurs proches, notamment celle du mari de Berta Soler, Angel Moya, condamné à 20 ans de prison l’an dernier. "Berta leur a répondu qu’ils pouvaient l’arrêter, mais qu’elle reviendrait sur place quand ils la relâcherait", a ajouté Mme Delgado. "Immédiatement, environ 50 fonctionnaires nous ont entourées, nous ont pris par le bras en nous appelant par notre nom -ils nous connaissaient parfaitement- et nous ont embarquées de force dans deux Lada", a raconté l’épouse d’Hector Palacio. "Ils nous ont seulement demandé notre carte d’identité, il n’y a eu aucune discussion et nous avons été ramenées chez nous", a-t-elle ajouté. Quatre opposants venus les soutenir ont été pour leur part emmenés au ministère des Communications voisin où il leur a été remis une "lettre d’avertissement", avant qu’ils soient ramenés à leur tour chez eux, a encore indiqué Gisela Delgado. Angel Moya, 39 ans, souffre d’un hernie discale dans sa prison de Los Mangos, à 800 kilomètres au sud de la Havane et son épouse demande, outre sa libération, qu’il soit transféré et opéré dans un hôpital de La Havane. Un fonctionnaire du Conseil d’État (gouvernement) a assuré par deux fois au téléphone à son épouse que son mari recevrait "les soins nécessaires". Berta Soler avait toutefois déclaré : "Je ne bougerai pas d’ici tant que je ne l’aurai pas vu" à La Havane.
Agence France-Presse 07 - 10 - 2004 |