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Monsieur le Ministre,
Dans quelques jours, vous vous rendrez en Tunisie pour
une visite de travail.
La Tunisie vous accueillera alors qu’elle traverse
l’une des périodes les plus difficiles de son histoire
moderne.
Vos représentants en Tunisie ne manqueront sûrement
pas de vous dresser un tableau sombre d’une situation
politique fatalement marquée par la fermeture et
l’étouffement de toute voix discordante. Une situation
des droits de l’Homme en détérioration permanente tant
la répression est devenue la règle et les procès
politiques, montés de toutes pièces, la seule réponse
aux revendications légitimes des Tunisiens à la
liberté et à la démocratie.
La situation économique n’est pas en reste. La
fameuse et pompeuse notion de « stabilité »
cyniquement utilisée comme impératif/alibi de
développement pour imposer à la Tunisie une dictature
des plus redoutables, a laissé fleurir les phénomènes
de corruption et de népotisme qui sont en train de
gangrener une économie au plus mal.
Monsieur le ministre, les Tunisiens ne comprendront
pas l’obstination des responsables étrangers - parfaitement informés de leur situation - à vouloir continuer à vanter les mérites d’un régime qui est en
train de dilapider leurs acquis et hypothéquer leur
avenir.
La dictature ne devrait pas être le seul porte-parole
des Tunisiens au risque de voir le fossé entre « la
Tunisie libre » et « la France officielle » se
creuser.
Le Comité International pour la Libération de Mohamed
Abbou, cet « avocat de la liberté » injustement
emprisonné depuis 200 jours pour avoir exercé son
droit à la libre _expression, vous invite à aller à la
rencontre des représentants de la société civile, à
être à l’écoute des Tunisiens qui souffrent de la
dictature (la famille Abbou par exemple) et à évoquer
auprès des officiels tunisiens l’indispensable
libération immédiate et inconditionnelle de Maître
Abbou et au-delà de tous les prisonniers politiques.
Paris, le 22 septembre 2005
Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni
Comité International Pour la Libération de Mohamed
Abbou |