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Le grand Rabbin de Tunis, Haïm Madar, est décédé vendredi des suites d’une maladie, ont annoncé les responsables de la communauté juive. Sexagénaire, le responsable du culte juif en Tunisie n’avait pas pu assister en avril dernier au pèlerinage célébré annuellement à la synagogue de la Ghriba, le lieu de culte hébraïque le plus ancien d’Afrique, sur l’île de Djerba. A la suite de ce décès, le président Tunisien, Zine El Abidine Ben Ali a adressé des messages au Rabbin de Djerba, Haïm Bitan, et au fils du grand Rabbin disparu, dans lequel il exprime ses condoléances et sa compassion envers la communauté juive de Tunisie.
The Associated Press Tunis - 03 - 12 - 2004
"Pork and milk", des juifs israéliens de l’ultra-orthodoxie à la laïcité
Un jour, ils ont décidé de couper leurs papillotes et de manger du porc : juifs ultra-orthodoxes ayant choisi de rejoindre le monde laïc, ils racontent la violence de la rupture dans le premier documentaire de l’écrivain et plasticienne Valérie Mréjen. En compétition au festival international du film de Belfort, qui se déroule jusqu’à dimanche, "Pork and Milk" sera diffusé le 9 décembre à 22h40 sur Arte. Quand l’époque s’interroge plutôt sur les chemins qui mènent au fanatisme religieux, la réalisatrice présente les témoignages, rarement recueillis, d’Israéliens ayant rompu avec leur communauté religieuse juive ultra-orthodoxe et ses multiples interdits. "Pork and milk, la viande mélangée aux produits laitiers, c’est l’interdit suprême et c’est souvent la première chose qu’ils font dès qu’ils renoncent à la religion", explique Valérie Mréjen, venue présenter son film à Belfort. Manger un produit défendu, mais aussi aller au cinéma, fumer un jour de shabbat, lire des journaux interdits, faire du roller, ou simplement sentir la caresse du vent dans ses cheveux et regarder un arc en ciel sans songer au blasphème : chacun se souvient, face à la caméra, de ses premières tentations, de ses premiers manquements aux règles. Culpabilité, peur du châtiment, solitude rôdent autour de cette liberté nouvelle toujours acquise au prix de l’opprobre familial ou du mensonge sur sa vraie personnalité. "Mes aveux ont déclenché une dispute, une crise de larmes, c’est tout. Le soir même je suis parti", raconte un jeune homme, qui s’est enfui de chez lui à 14 ans et est devenu cuisinier. Un autre est rejeté par ses jeunes enfants, auxquels il a inculqué les préceptes des juifs ultra-orthodoxes. Un couple évoque sa double vie, visage caché pour protéger sa famille car se dévoiler condamnerait frères et soeurs, restés dans la communauté, à devenir des partis "de seconde zone" aux yeux des autres. Les codes de la vie quotidienne dans un monde laïc inconnu sont à réapprendre : "Pendant cinq mois, j’ai cherché tous les prétextes pour ne pas toucher ma copine dont j’étais pourtant très amoureux", se souvient un des protagonistes. "Les gens que j’ai rencontrés sont à la marge des deux mondes, coupés de leur milieu d’origine mais pas toujours bien acceptés hors de leur communauté. Il existe des associations qui aident les jeunes en rupture à retrouver un équilibre", témoigne la réalisatrice qui a tourné son documentaire à Tel-Aviv courant 2004. Artiste touche-à-tout, plasticienne, vidéaste, auteur de trois récits remarqués, Valérie Mréjen s’est composé un style original, concis et extrêmement dépouillé, qui habille "Pork and Milk" d’une grande pudeur. La réalisatrice y tient : "Il n’y a pas de regard critique, ni admiration, ni dénigrement, ces histoires se suffisent à elles-mêmes".
Agence France-Presse 04 - 12 - 2004 |