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Un "cas suspect" d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) a été détecté au Canada sur une vache laitière âgée de 10 ans, a annoncé jeudi l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), au lendemain de la décision américaine de lever prochainement son embargo sur les bovins canadiens. "Les résultats de l’analyse de confirmation devraient être connus dans trois à cinq jours", précise l’agence dans un communiqué. "L’épreuve préliminaire de détection de l’ESB rendue tard le 29 décembre 2004, à laquelle a été soumise une vache laitière de 10 ans, a donné un résultat de cas suspect. Bien que ce résultat ne soit pas concluant, de nombreuses épreuves ont donné des résultats positifs", explique l’agence gouvernementale. "Aucune partie de l’animal n’est entrée dans les systèmes d’aliments destinés aux humains ou aux animaux. Des échantillons sont analysés actuellement au Centre scientifique canadien de santé humaine et animale, à Winnipeg", dans le Manitoba, selon la même source. "Des analyses ont été effectuées après que l’animal eut été désigné comme un sujet ne se levant pas, une des catégories à haut risque ciblées par le programme de surveillance", indique l’agence, sans préciser d’où vient l’animal. Ce programme national de surveillance a permis de tester cette année plus de 21.000 animaux au Canada. La politique du gouvernement canadien était jusqu’à présent de n’annoncer qu’un cas confirmé mais l’agence a décidé cette fois-ci que "l’approche la plus prudente" était de révéler ce cas suspect "compte tenu de la situation unique créée par le communiqué important des États-Unis diffusé le 29 décembre". Les États-Unis ont en effet annoncé mercredi qu’ils reprendraient au début de l’an prochain les importations de bovins canadiens, interrompues pendant 18 mois à la suite de la découverte d’un cas de vache folle en mai 2003 dans l’Alberta (ouest). "La confirmation d’un nouveau cas d’ESB ne poserait pas de risques accrus pour la salubrité des aliments, car le Canada exige le retrait des matières à risque spécifiées (MRS) de tous les animaux qui entrent dans la chaîne alimentaire humaine", souligne l’ACIA. Comme pour les deux animaux nord-américains infectés par l’ESB décelés en 2003, celui de l’Alberta et un aux États-Unis, "cet animal est né avant les interdictions canadiennes et américaines d’aliments destinés aux animaux introduites en 1997", fait valoir l’agence. Aussi, "si l’ESB est confirmée dans ce cas, la consommation d’aliments contaminés avant 1997 demeure la voie de transmission la plus probable", estime l’agence selon qui "l’interdiction d’aliments destinés aux animaux a réussi à limiter la propagation de l’ESB depuis sa mise en oeuvre". Selon l’ACIA, même si ce cas est confirmé, il ne devrait pas avoir "un impact important ou durable sur les efforts de normalisation du commerce" avec les États-Unis. "Durant ses négociations avec ses partenaires commerciaux, y compris les États-Unis, le Canada a été très clair au sujet de l’éventualité de déceler d’autres cas d’ESB", rappelle l’agence. L’embargo américain a plongé le secteur bovin canadien dans le marasme, alors que les exportations canadiennes de viande de boeuf et de bétail vivant avaient atteint en 2002 quelque 4 milliards de dollars canadiens, 80% d’entre elles prenant la route des États-Unis, selon des statistiques officielles. Washington avait déjà levé partiellement son embargo sur ses importations canadiennes, mais les éleveurs canadiens ne peuvent toujours pas exporter aux États-Unis de bovins vivants ou de viande provenant d’animaux âgés de moins de 30 mois.
Agence France-Presse 30 - 12 - 2004 |