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Lettre ouverte à Mr Driss Benzekri, président de l’Instance Equité et Réconciliation
Paris le 19 janvier 2005
Monsieur le Président, L’annonce par votre Institution le mois de décembre dernier suivant laquelle Omar El Ouassouli, disparu politique depuis 1984, est en vie, a semé le trouble et le désarroi parmi les membres de sa famille, ses connaissances et l’opinion publique. De plus, les médias se sont emparés de cette information qualifiée par votre Instance de « vérité choquante » pour broder différents scénarios, laissant libre court à leur imagination ou plutôt aux messages distillés par les officines spécialisées dans la désinformation. Votre dernière déclaration se résume à ceci : « nous savons où est Omar, mais on ne va pas vous le dire actuellement ». Ce qui permet l’interprétation suivante : « nous laissons entre-temps aux médias toute latitude pour vous torturer encore plus à travers les informations contradictoires qu’ils vont vous concocter. » Cette attitude, Monsieur le Président, face au droit à la vérité imminente sur cette question, relève de l’irresponsabilité de l’IER au regard de ses prérogatives mêmes. Au delà de la vérité, où est l’équité ? Comment peut-on admettre une telle gageure de la part d’une commission, censée faire la lumière sur les années de plomb et qui continue à retenir au secret un ancien disparu politique tout en laissant libre court à toutes les médisances, par médias interposés. Monsieur le Président, Avant votre annonce médiatique, la famille de Omar exigeait une chose : savoir si son très cher fils est vivant ou mort. Maintenant que vous lui avez annoncé qu’il est vivant, il est de votre devoir de lui dire où il se trouve sans attendre. Il s’agit de votre devoir mais aussi de votre dignité et, à travers vous, de ceux des membres de la Commission que vous présidez. Avec nos salutations
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