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 La principale organisation homosexuelle de Grèce, Olke, et le petit parti de gauche Syn ont dénoncé le muselage d’une des très rares émissions de radio destinées aux homosexuels par l’Autorité nationale de l’audiovisuel (ESR), le gendarme grec des ondes. Les deux organisations ont également critiqué l’incurie de l’ESR face à une récente campagne homophobe d’un avocat médiatique relayée par les médias grecs. Dans des communiqués parvenus vendredi à l’AFP, ces deux organisations qualifient de "raciste" et "pudibonde" la décision de l’ESR d’imposer une amende de 5.000 euros à une petite radio municipale athénienne diffusant depuis cinq ans une émission hebdomadaire nocturne animée par une lesbienne. L’ESR avait motivé sa sanction en estimant que son contenu était "indubitablement de mauvaise qualité" et en constatant que sa diffusion était suivie de publicités pour des bars homosexuels et des préservatifs. Estimant ne pas avoir les moyens financiers de prendre le risque d’une nouvelle amende, la radio à préféré mettre fin à l’émission. Dans son communiqué, l’Olke dénonce "l’homophobie" de l’ESR et rappelle que cet organisme avait déjà infligé en novembre 2003 une amende de 100.000 euros à la chaîne privée Mega pour la diffusion d’un baiser homosexuel entre hommes dans un feuilleton très populaire. Le Syn dénonce parallèlement l’absence de réaction de l’ESR face à des déclarations homophobes tenues ces derniers jours sur les principaux médias grecs par un star controversée du barreau athénien, Alexis Kouyas. "Les homosexuels n’ont pas de morale", "l’homosexualité est pire qu’une tare", a notamment déclaré ce dernier dans le cadre d’une campagne personnelle contre une présumée "clique homosexuelle dans la justice", selon le Syn.
Agence France Presse 21 - 01 - 2005 |