|
25/02 19:49 L’ancien détenu islamiste et journaliste tunisien Abdallah Zouari a suspendu une grève de la faim observée depuis 32 jours pour exiger la fin de son assignation administrative dans un lieu éloigné de sa famille, a annoncé vendredi la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH).
Admis d’urgence à l’hôpital public de Zarzis (500 km de Tunis) à la suite d’un malaise cardiaque mercredi, Abdallah Zouari (49 ans) est actuellement sous perfusion dans une clinique privée de la région, où il n’a pu être joint par téléphone.
Dans un communiqué lu à la presse, le président de la LTDH, Mokhtar Trifi, a indiqué que "le journaliste avait accépté de suspendre sa grève à l’appel solidaire de plusieurs organisations tunisiennes et internationales, craignant pour sa santé".
"Abdallah a été assuré que ses défenseurs poursuivront la campagne jusqu’à la fin de l’injustice qui le frappe", ajouté Me Trifi, citant notamment la Fédération internationale des journalistes (FIJ, Bruxelles) et la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH, Paris).
L’ancien prisonnier, collaborateur de l’hebdomadaire Al Fajr (l’Aurore), organe du parti islamiste Ennahda (interdit), était en grève de la faim depuis le 23 janvier dernier pour exiger la fin de son assignation à Hassi Jerbi, près de Zarzis, et réclamer un transfert à Tunis, lieu de résidence de sa famille.
M. Zouari avait indiqué le week-end dernier à l’AFP qu’il entendait poursuivre sa grève de la faim pour en finir avec une "situation dramatique".
Les autorités tunisiennes dénient le statut de journaliste à M. Zouari et affirment qu’il a été "condamné suite à son inculpation de crimes terroristes et à son refus de se conformer aux décisions de justice".
Le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu) et la LTDH soutiennent sa revendication, le CNLT appelant les autorités à respecter "son droit fondamental à la libre circulation, à élire son domicile là où il le désire, à former un parti et à publier un journal".
Abdallah Zouari a purgé onze années de prison après avoir été arrêté en 1991 et jugé par un tribunal militaire dans le cadre de procès intentés à l’époque contre de nombreux dirigeants islamistes.
Libéré en juin 2002, il a de nouveau été condamné à un total de treize mois pour non respect de "la surveillance administrative", une peine complémentaire dénoncée par les défenseurs des prisonniers.
Ila-Bsh-pvr/so
© AFP. |