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Monsieur le Président

L’heure est grave et je ne peux m’empêcher de vous référer à ce lien www.tunezine.com sur lequel vous verrez des photos insupportables d’une citoyenne tunisienne battue par les agents de « sécurité » de son propre pays. Une femme qui a eu le tort de vouloir manifester publiquement son refus de l’invitation adressée au Premier Ministre Israélien en Tunisie dans le cadre du Sommet Mondial de la Société de l’Information. Une Information qui, comme vous le savez si bien, Monsieur le Président, n’est que le monopole exclusif de l’État. Est-ce que le traitement qu’elle a reçu est à la hauteur de la gravité de son tort qui devrait être un droit ? Je pense que vous savez mieux que quiconque comment l’on nomme ceux qui usent d’une telle violence envers plus faible que soi. Pour rappel Monsieur le Président, il s’agit de Maître Radhia Nasraoui, une avocate militante des Droits de l’Homme, celle-là même qui par sa grève de la faim vous a embarrassé lors de votre dernière visite en Tunisie et vous a obligé à dire des propos que les Tunisiens ne sont pas prêts d’oublier de sitôt. Je vous offre grâce à ces images l’occasion de rattraper la situation à laquelle sont arrivées les femmes dans le pays de Bourguiba et ce à la veille du 8 Mars, Journée Internationale de la Femme. Si mes propos vous embarrassent, Monsieur le Président, dites-vous bien que l’Histoire risque de vous embarrassez bien plus. On ne mesure pas la grandeur d’un Homme Politique à sa force de frappe ou à sa sagesse mais on le mesure bien à son adresse quant à gérer les situations les plus embarrassantes.
Avec tout le respect du à votre rang et à votre cordiale amitié.
Neila Charchour Hachicha Fondatrice du Parti Libéral Méditerranéen (Non reconnu)
Email adressé au Président Jacques Chirac |