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Les avocats tunisiens ont observé mercredi une grève pour protester contre la visite annoncée du Premier ministre israélien Ariel Sharon en Tunisie, à l’occasion du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) dont la deuxième phase est prévue en novembre prochain à Tunis. Des mesures de sécurité renforcées ont été observées autour du palais de justice de Tunis, où aucun incident n’a été signalé, selon des sources concordantes. Selon le ministre tunisien des Affaires étrangères, Abdelbaki Hermassi, l’invitation adressée au Premier ministre israélien n’a aucun caractère bilatéral, mais s’inscrit dans le cadre des invitations lancées aux dirigeants de tous les pays membres des Nations unies, le SMSI étant parrainé par l’ONU. Le barreau tunisien a appelé à cette grève également en signe de solidarité avec Me Mohamed Abou, arrêté il y a une semaine par les autorités à la suite de la publication sur Internet de deux articles particulièrement critiques à l’endroit du pouvoir. Le premier comparait les prisons tunisiennes à celle d’Abou Ghraïb en Irak et le second s’en prenait au gouvernement tunisien pour l’invitation adressée à Ariel Sharon, qualifié de « criminel de guerre ». D’après une source officielle, qui dénie par ailleurs le qualificatif de « militant des droits de l’homme » à Me Abou, l’arrestation de ce dernier est motivée par une « plainte déposée à son encontre par l’une de ses consoeurs pour violences caractérisées ayant nécessité l’admission de celle-ci aux urgences de l’hôpital Habib Thameur » de la capitale. L’avocat, qui a fait l’objet d’un mandat de dépôt, est en outre mis en examen pour « incitation de la population à enfreindre les lois », a précisé la même source. Les avocats entendaient aussi protester contre les « agressions » dont ils affirment avoir été l’objet de la part des forces de l’ordre alors qu’ils tentaient d’assister leur collègue lors de son audience devant le juge d’instruction. Les autorités nient quant à elles que l’intervention des agents de l’ordre ait donné lieu à quelque atteinte physique ou morale à qui que ce soit. Selon Me Chawki Tabib, membre du conseil de l’ordre des avocats, la grève a été « réussie ». Il estime qu’elle a été suivie à près de 90% dans tout le pays. « Nous sommes satisfaits de la grande mobilisation suscitée par notre appel à la grève », a-t-il déclaré à l’Associated Press. Toujours est-il que, malgré ce débrayage, « les audiences se sont déroulées normalement mercredi au sein de tous les tribunaux » du pays, soutient-on de source officielle. Les avocats étaient présents aux audiences et ont présenté leurs plaidoiries et conclusions dans les affaires les concernant, ajoute-t-on de même source.
The Associated Press Tunis - 09 - 03 - 2005 |