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les étudiants ont observé jeudi une grève et certains ont été traduits en justice

Les étudiants tunisiens ont observé jeudi une grève nationale pour protester contre la venue d’Ariel Sharon en Tunisie, alors qu’une dizaine de leurs camarades étaient traduits en justice à Sfax, Gafsa (sud) et Bizerte (nord). Les étudiants des universités de Tunis et de l’intérieur ont fait grève à l’appel de l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET), a indiqué Ezzeddine Zaatour, secrétaire général de ce syndicat national. Ils entendaient exprimer leur "refus" du projet de visite d’Ariel Sharon, qualifié de "criminel de guerre", convié à Tunis en novembre pour assister au Sommet mondial sur la société de l’Information (SMSI). Selon M. Zaatour, la grève devait être une "protestation pacifique" dans l’enceinte des campus, mais des heurts avec la police ont eu lieu suite à des "débordements" dans certaines facultés de Tunis et de la Manouba (ouest). Cinq étudiants ont été interpellés jeudi près de la Manouba, a-t-il indiqué. Le campus universitaire, à la périphérie nord-ouest de Tunis, était encerclé jeudi par des véhicules de police, des forces anti-émeutes y étaient déployées et les rues adjacentes interdites à la circulation. La grève visait également à exiger la libération d’étudiants interpellés dans le cadre de la protestation provoquée par l’annonce de l’invitation d’Ariel Sharon, le 25 février dernier, selon le secrétaire général de l’UGET. Plusieurs étudiants ont été interpellés, certains relâchés depuis, mais dix ont été condamnés, jeudi, à des peines de prison avec sursis à Gafsa, Sfax et Bizerte, un seul étudiant, jugé par défaut, ayant écopé de trois mois de prison ferme, a dit M. Zaatour. Vendredi dernier, un collectif de partis d’opposition et des associations avaient tenté d’organiser un rassemblement de protestation dans le centre de Tunis, mais la manifestation, empêchée par la police, avait dégénéré. Mercredi, les avocats ont observé une grève nationale pour contester la visite du dirigeant israélien et défendre un avocat interpellé dans la foulée de l’agitation anti-Sharon. Entre temps, les autorités tentent de minimiser l’ampleur de l’invitation acceptée par le Premier ministre israélien, expliquant dans les médias locaux que sa visite n’aurait aucune incidence sur la normalisation des rapports entre la Tunisie et Israël.
Agence France Presse Tunis le 11 - 03 - 2005 |