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 La Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme (LTDH) a réclamé la possibilité de superviser "librement" les élections générales du 24 octobre en Tunisie, tout en dénonçant l’absence de conditions permettant un scrutin "crédible et honnête". Dans une déclaration transmise samedi à l’AFP, la LTDH estime que l’organisation matérielle des scrutins "laisse la porte ouverte à une fraude à grande échelle" et demande à en contrôler toutes les étapes, du vote au dépouillement en passant par la collecte des urnes. Elle estime que la composition et la mission d’un "Observatoire national des élections", créé par le président Zine El Abidine Ben Ali, ne répondent pas aux critères internationaux de contrôle. La LTDH affirme que le code électoral et le climat politique "ne permettent pas d’élections démocratiques et honnêtes" et critique l’absence de libertés et un contrôle "absolu" du parti au pouvoir sur la presse et les médias. Elle réitère son opposition à un amendement de la Constitution ayant permis au président Ben Ali de briguer un quatrième mandat et dénonce une législation qui réserve au pouvoir, selon elle, le choix des candidats concurrents à la présidence. Le président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, sera face à trois candidats de l’opposition reconnue à la présidentielle du 24 octobre, mais il est assuré de l’emporter sous la bannière de son parti, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) qui devrait conserver une écrasante majorité aux législatives. Affirmant le besoin d’une séparation entre l’administration et le parti au pouvoir, la Ligue préconise l’inscription automatique sur les listes électorales et l’adoption de critères objectifs sur le droit de candidature, "sans exclusion politique". La LTDH réitère enfin ses demandes d’ouverture politique, de respect des libertés et une amnistie générale, qui permettrait de réhabiliter dans leurs droits civiques "tous ceux qui sont condamnés pour leurs opinions". "Quelque 500 prisonniers d’opinion croupissent dans les prisons, certains dans l’isolement", affirme la LTDH, invitant tous les partis politiques à faire de cette demande d’amnistie la priorité de leur programme électoral. Les autorités tunisiennes ne reconnaissent pas l’existence de prisonniers d’opinion, des islamistes pour la plupart condamnés pour "délits de droit commun".
© Agence France-Presse Tunis - 02 - 10 - 2004 |