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Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Mokhtar Trifi, estime que « la situation des libertés en Tunisie a empiré ». C’est ce qu’il a déclaré jeudi lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté le rapport annuel de cette organisation pour 2003 et un autre document sur la situation dans les prisons tunisiennes. Il a en particulier attribué cette « dégradation » à la loi sur la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent adoptée en décembre dernier par le Parlement tunisien et qui, selon lui, « restreint davantage, les libertés, tout délit pouvant être désormais assimilé à du terrorisme ». Le rapport dénonce par ailleurs les procès intentés aux internautes accusés d’avoir fomenté des attentats terroristes, la poursuite du harcèlement des défenseurs des droits humains et le veto opposé à la légalisation d’associations et de partis. Selon la LTDH, le paysage médiatique n’a pas évolué de manière notable, malgré le lancement de la première radio privée et l’autorisation accordée à une chaîne privée de télévision. Quant au rapport relatif aux prisons, il qualifie de déplorables les conditions qui y prévalent, évoquant des « mauvais traitements » infligés aux détenus. Relevant la promiscuité dans ces établissements carcéraux, Me Trifi a fait état de quatre cas de décès de détenus en 2003, contre neuf en 2002. Par ailleurs, il a dénoncé l’isolement auquel étaient soumis 43 « prisonniers d’opinion », membres du mouvement islamiste interdit. Ces derniers sont considérés par les autorités comme des détenus de droit commun eu égard aux délits pour lesquels ils ont été condamnés.
The Associated Press Tunis - 07 - 10 - 2004 |