|
Communiqué
Les services sécuritaires en Tunisie continuent de persécuter les familles des prisonniers politiques et leurs enfants, en violation flagrante de la loi, des principes et des valeurs humaines élémentaires. Le chef du poste de police de Menzel Bourguiba a refusé tout net de délivrer à Dhouha Mekki (18 ans) sa carte d’identité en sachant pertinemment que, privée de ce document, elle ne pouvait s’inscrire aux épreuves du baccalauréat. En dépit de ses relances et de celles de sa mère, elle n’a pas obtenu gain de cause. Dhouha Mekki est la fille du prisonnier politique Hachemi Mekki condamné à 37 ans d’emprisonnement pour appartenance au mouvement de la Nahdha. Il est actuellement incarcéré à la prison de Nadhour. L’AISPP a appris que l’administration du district de la garde de Ben Arous avait refusé de renouveler la carte de résidence de Madame Noormen Bent Abdelaziz, épouse du prisonnier politique Moncef Ouerghi, condamné à 20 ans d’emprisonnement pour appartenance au mouvement de la Nahdha. Noorman Bent Abdelaziz est de nationalité malaisienne et installée en Tunisie depuis plus de vingt cinq ans. Elle a neuf enfants, dont le plus âgé, Abdallah, a vingt trois ans, et la plus jeune, Selma, a onze ans. Du refus de permis de séjour découlera son éloignement de ses enfants, comme s’il ne suffisait pas aux services sécuritaires de les avoir privés de leur père en l’emprisonnant, il leur faut maintenant les priver de leur mère par des moyens pervers, proscrits par la morale et la loi. Simultanément, le chef du poste de police d’El Mourouj 5 a refusé de délivrer à la jeune Intissar Zouari (16 ans), fille du journaliste et ex prisonnier politique Abdallah Zouari, l’attestation de résidence lui permettant de s’inscrire à l’école locale, sous le prétexte qu’elle n’avait pas le droit de résider dans ce lieu, alors que la constitution garantit la liberté de circulation et de résidence sur tout le territoire de la République à tous les Tunisiens. De la même façon, le chef du centre de la Sûreté de Kebili a refusé de délivrer dans des délais raisonnables à Imène Bedoui (18 ans) son passeport : elle a ainsi raté l’échéance d’inscription dans une université française alors qu’elle avait terminé brillamment ses études secondaires, ce qui lui permettait de s’inscrire sur recommandation de ses professeurs. Imène est la fille de l’ex prisonnier politique et membre de l’AISPP Mohammed Ali Bedoui, actuellement réfugié en Suisse. Ces exemples choisis parmi d’autres montrent bien les services sécuritaires ne reconnaissent pas que la peine est personnelle et qu’ils s’acharnent à appliquer une politique de châtiment collectif illégale et en violation des lois et pactes internationaux. L’AISPP exprime sa vive préoccupation quant aux brimades subies par Noorman Bent Abdelaziz, épouse Ouerghi, Dhouha, fille du prisonnier politique Hachemi Mekki, Intissar, fille du journaliste et ex prisonnier politique Abdallah Zouari, Imène, fille de l’ex prisonnier politique Mohammed Ali Bédoui, aux fins de les punir de leur liens familiaux avec des opposants aux pouvoir. L’AISPP appelle les autorités tunisiennes à mettre fin à ces violations injustifiables, et à permettre aux familles des prisonniers politiques de jouir des droits garantis par la Constitution et la loi.
Pour l’association Le président Maître Mohammed Nouri Tunis, le 02 - 10 - 2004
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 33 rue Mokhtar Attia - Tunis Tel : 71340860 - Fax : 71351831 aispptunisie@yahoo.fr |