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Les débats au 3ème Forum social européen (FSE) se poursuivaient samedi à Londres, les militants altermondialistes se penchant notamment dans leurs discussions sur les syndicats et les musulmans en Europe, avec en particulier la question du voile islamique. 19.000 militants étaient inscrits en milieu de journée samedi (au moins 20.000 sont attendus au total), aux travaux du forum, qui doivent s’achever dimanche midi. Le thème des "syndicats et des droits des travailleurs à l’ère de la mondialisation" a notamment été abordé, de nombreux responsables syndicalistes européens faisant le constat que les syndicats européens "restaient trop enfermés sur leur horizon national", selon les termes du Français Alain Baron (Sud PTT). "Toute lutte menée dans un pays doit pouvoir être menée dans un autre pays", a lancé Guven Gercek, responsable de la fédération des travailleurs du secteur public en Turquie. "Partout dans le monde les syndicats sont attaqués. Il faut riposter", a renchérit un syndicaliste britannique, Barry Camfield. Un représentant d’IG Metall (Allemagne) a plaidé pour que les syndicats "coopèrent avec les mouvements sociaux". Les débats ont par ailleurs été marqués par une polémique apparue à l’issue d’un séminaire consacré au "voile islamique, le droit de la femme à choisir". Les membres du public ont protesté contre le fait que l’ensemble des orateurs à la tribune s’opposaient à la loi française interdisant le port des signes religieux à l’école et qu’aucune contradiction n’était possible. Ces orateurs, pour la plupart, ont accusé la France de racisme et d’islamophobie. Comme au premier jour des discussions, l’impérialisme américain et la guerre en Irak ont été le thème central d’une conférence très suivie, qui a vu monter à la tribune Aleida Guevara, la fille du guérillero cubano-argentin Ernesto Che Guevara, et plusieurs représentants éminents de mouvements anti-guerre irlandais, grec, britannique et turc. Autre thème de débats, celui-là ne faisant pas l’unanimité : la question d’approuver ou non la Constitution européenne à l’occasion d’un éventuel référendum, a profondément divisé les altermondialistes. Certains ont appelé à voter non, estimant que le texte adopté par les 25 pays de l’UE érige en principe "le néolibéralisme" auquel s’opposent, justement, les militants altermondialistes. D’autres interlocuteurs au contraire ont mis en avant la stratégie consistant à "utiliser la Constitution comme instrument pour améliorer l’Europe sociale". Les débats ont lieu dans l’Alexander Palace (nord de Londres), QG du FSE. Dans ses allées, l’Indien P. K. Murthy, l’un des co-organisateur du Forum social mondial (FSM, dont le FSE est une déclinaison à l’échelle européenne) à Bombay (Inde) en janvier dernier, s’est félicité de l’"excellente participation" à ce forum en terme de "nombre de nationalités représentées" et s’est réjouit que "l’Europe se remue". "Vu de chez nous, on imagine que les Européens n’ont pas de problèmes. Or ce n’est pas le cas : ici il y a le chômage, la vie chère, les problèmes de délocalisations", a confié à l’AFP M. Murthy, par ailleurs président de la fédération des syndicats indiens, em marge des débats. L’assemblée des mouvements sociaux, seule habilitée à lancer un appel sur la suite du mouvement, une manifestation contre la guerre en Irak, où 50.000 personnes sont attendues, et un concert clôtureront l’événement dimanche.
Agence France-Presse Londres - 16 - 10 - 2004 |