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 Les militants altermondialistes ont entamé vendredi à Londres leur première journée de débats à l’occasion du 3e Forum social européen (FSE), avec en ligne de mire l’hégémonie américaine, à quelques semaines de l’élection présidentielle aux États-unis. Les quelque 30 conférences plénières, 150 séminaires et 220 ateliers qui vont rythmer les trois jours de débats ont commencé vendredi matin dans une atmosphère conviviale et très cosmopolite. Toutefois, un incident est venue émailler la tenue des débats vendredi soir. La participation d’un leader syndicaliste irakien - Subhi al Mashadani, présenté comme le secrétaire général de la Fédération irakienne des syndicats - a provoqué l’annulation d’une des conférences plénières supposée débattre de la situation en Irak, plusieurs militants, le traitant de "collaborateur", s’étant opposés à ce qu’il prenne la parole. De 50 à 60 nationalités sont représentées et les interventions sont traduites en au moins cinq langues par un réseau d’interprètes bénévoles, "Babels". Les multiples halls de l’Alexander Palace, un bel édifice baptisé "Palais du Peuple" lors de son inauguration au 19e siècle, QG du FSE, ont pris des allures d’université d’été studieuse côté débats, tandis que les allées bordées de stands d’expositions de multiples associations, ONG, syndicats, collectifs, ou mouvements citoyens ressemblaient à une "foire aux bonnes causes". "Entre 17.000 et 18.000 personnes, représentant plus de 65 nationalités étaient inscrites" à cette première journée de travaux, a indiqué un porte-parole du FSE. "Rien que par cet aspect quantitatif, c’est un succès pour les Britanniques", a estimé Pierre Khalfa, membre d’Attac-France, l’un des organisateurs de la précédente édition à Paris - Saint-Denis en 2003. Si les débats prévus vendredi concernaient les thèmes chers aux altermondialistes - comme la dénonciation de la mondialisation néo-libérale, la défense d’une meilleure organisation du commerce, les droits des travailleurs migrants, le racisme etc...-, la question de l’hégémonisme américain et de la guerre en Irak semblait revenir comme un leitmotiv. La veille, lors du coup d’envoi du FSE, le maire (travailliste) de Londres Ken Livingstone avait d’ailleurs donné le ton aux débats sous les applaudissements de la salle, en déclarant : "j’espère que nous sommes dans les derniers jours de l’administration (du président américain George W.) Bush". Vendredi, une foule importante de militants se bousculait pour assister à un séminaire intitulé "l’Europe est-elle une alternative à l’empire américain ?" "Aujourd’hui, les États-unis sont militairement plus puissants que n’importe quel autre pays. Ils utilisent cette suprématie pour imposer leur hégémonie", a lancé à la tribune Alex Callinicos, membre de Globalise Resistance. "Notre priorité, c’est la défaite du projet d’hégémonie américaine", a-t-il poursuivi, regrettant la division entre la Grande-Bretagne et le couple franco-allemand à propos de l’Irak. "Cette division fait les affaires des États-unis", a-t-il déploré. Plus loin, lors d’un séminaire consacré à la Palestine, la politique américaine était à nouveau mise en cause pour son soutien à Israël. Sur un stand d’une association défendant l’environnement, était dressée une pancarte à l’effigie de Bush sur laquelle on pouvait lire : "Wanted" ("recherché") pour "crimes contre la planète et tentative d’assassinat du Traité de Kyoto". Une conférence plénière (plus grand format de rencontre) devait se tenir dans la soirée sur le thème "Stopper l’occupation de l’Irak". Se sont également tenus vendredi une Assemblée des femmes, un forum parlementaire et un autre des élus locaux. Les débats doivent se terminer dimanche midi. Une manifestation où 50.000 personnes sont attendues, dont le mot d’ordre sera essentiellement l’opposition à la guerre en Irak, et un concert clôtureront l’événement dimanche après-midi.
Agence France-Presse Londres - 15 - 10 - 2004 |