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Je ne me souviens plus comment j’ai accosté sur Tunezine. Coïncidence ? Certainement pas ! On ne se noie pas dans un océan qui vous ébranle pour la vie par hasard. En revanche, ce qui surgit, est l’insensée allégresse ressentie à prendre le large avec Zouhair. Apprendre à le découvrir, à le faire connaître et à attendre fébrilement ces billets sur Tunezine.
Pourtant, je ne pourrais conter une relation avec Ezzou comme l’ont baptisée ses familiers, je n’en ai jamais vraiment eu. J’ambitionne de célébrer l’uvre cruellement inachevée de Zouhair, ces papiers satiriques trilingues, chargés d’humour, parfois cyniques souvent tendres et toujours pétris de talent et de sensibilité.
Étrange et pervers cette obsession de rendre hommage à Ezzou à travers un esprit illuminé du siècle dernier. Évoquer son parcours aurait amplement suffi. Est-ce une provocation ? Cette perspective serait bonnement futile.
Ezzou en un Ali Douaji contemporain, voici ma confession. Deux bohèmes avant-gardistes que tout rapproche, un talent pour croquer des personnages pertinents afin de démêler les maux de notre société, une veine surréaliste pour rendre tout ce qui est profondément désolent et grave en drôle et intelligent. Et comment ne pas le mentionner, un amour inconditionnel pour la liberté. Tentative saugrenue ? Détrompez-vous et courez relire Ali Douaji et Zouhair... Et tant qu’a faire, il me plait d’imaginer Ezzou et ses acolytes Tuneziniens en une bande de « Taht Essour », on dirait « Hitistes » aujourd’hui ?
Malgré ça, Ezzou n’est pas devenu Ali Douaji et savez vous pourquoi ? Ezzou est devenu le symbole d’une dignité retrouvée et d’une bravoure insolente. Un Kafka pourchassé par ZABA et ses 77 voleurs. Vous ne connaissez pas le royaume de ZABA ? Ne fouillez pas dans les « Mille et une nuit », ce règne ne fera partie d’aucun conte hormis les allégories d’Ezzou et les blagues d’un peuple meurtri. Mais Ezzou n’est pas seulement ça ...
Non, je ne concours pas pour les louanges post-mortem les plus baroques ! Ce que J’exprime ce jour même, je me suis hasardé à le poster à Zouhair après sa libération mais certainement de manière trop frileuse. D’où la pertinence de ces vers de Ali Douaji qui seront (sont ?) aussi le sort de Zouhair :
Il a vécu dans le désir de goûter, ne serait ce qu’une seule fois, un raisin ;
Quand il fut enterré, on lui en apporta une pleine grappe !
L’artiste de l’amertume ne peut trouver le bonheur,
qu’enveloppé dans le dernier drap ! "
Je ne sais trop si je dois espérer que ça soit vrai ou faux ! |