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 La France n’a toujours aucune certitude, six jours après la disparition à Bagdad de la journaliste de Libération Florence Aubenas, a déclaré mardi le ministre des Affaires étrangères. Michel Barnier s’est refusé à parler d’enlèvement et a réaffirmé que les services de l’Etat étaient "mobilisés" pour la retrouver. "Je ne parlerai pas d’enlèvement. Nous n’avons pas de certitudes sur cette question (...) Nous cherchons des informations, nous avons pris tous les contacts utiles et nous sommes totalement mobilisés, nos services, notre ambassade sur place, comme nous l’avons été au premier jour de la disparition de Christian Chesnot et de Georges Malbrunot", a-t-il déclaré sur RMC. Il a fait part d’une "vraie inquiétude" partagée avec la famille et les confrères de Florence Aubenas. "Florence Aubenas n’était pas toute seule, elle était avec son guide-interprète Hussein Hanoun al-Saadi. Nous pensons à ces deux personnes que nous recherchons", a souligné le chef de la diplomatie. A la demande du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, Michel Barnier doit recevoir mardi après-midi au Quai d’Orsay des représentants des médias pour "travailler ensemble sur les conditions de la liberté d’informer". Il a rappelé sur RMC que l’Irak est "un pays très dangereux".
Reuters - Paris 11 - 01 - 2005
Des journalistes arabes demandent la libération d’Aubenas
Une vingtaine de journalistes arabes ont lancé lundi un appel en faveur de la libération de la journaliste de Libération Florence Aubenas, qui a disparu le 5 janvier à Bagdad en compagnie de son interprète irakien. "Florence est l’exemple même de la journaliste indépendante qui ose dire ce qu’elle voit, sans considération aucune pour les intérêts politiques ou partisans", écrivent-ils dans un communiqué publié sur le site oumma.com. "Son probable kidnapping est un acte qui sape les fondements de la mission des journalistes indépendants dans le monde. Nous espérons la revoir en bonne santé le plus rapidement possible. Nous déclarons nous mobiliser pour que sa vie soit sauve", ajoutent-ils. Les signataires, qui annoncent se constituer en "comité pour la libération de Florence Aubenas", sont originaires d’Irak, de Palestine, Syrie, Liban, Maroc, Algérie, Tunisie, Qatar, notamment. De son côté, Reporters sans frontières, qui devait organiser une soirée festive jeudi à Paris après le retour en France des ex-otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot, a décidé de transformer cette réunion en mobilisation pour Florence Aubenas. "La petite fête que nous organisons jeudi à l’Institut du monde arabe pour le retour de Christian Chesnot et Georges Malbrunot aura un autre sens", indique RSF dans un communiqué. "Cette date sera la première occasion de nous rassembler pour demander des nouvelles de la journaliste française, montrer notre détermination à la famille de Florence et mettre en place la mobilisation avec ses collègues du journal Libération", ajoute l’organisation. Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a assuré lundi que l’Etat mobilisait "tous ses moyens" pour retrouver Florence Aubenas.
Reuters - Paris 10 - 01 - 2005
Disparition de Florence Aubenas : l’association Euromédia appelle à la solidarité des journalistes arabes
L’association Euromédia de défense des journalistes a salué lundi "l’élan de solidarité" de plusieurs journalistes arabes qui ont constitué un comité "pour sauver la vie" de l’envoyée spéciale du quotidien "Libération" en Irak, disparue depuis le 5 janvier. "De telles initiatives, auxquelles nous apportons tout notre soutien, démontrent l’émergence d’une solidarité professionnelle qui dépasse tous les clivages nationaux, religieux et éditoriaux", a déclaré à l’Associated Press, Ali Bouzerda, journaliste marocain et secrétaire général d’Euromédia. "Nous sommes nous même en train de mobiliser nos confrères arabes pour signer l’appel du comité." Le "comité pour la libération de Florence Aubenas" est composé de journalistes arabes de plusieurs pays, dont l’Irak, la Syrie, l’Egypte, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. Florence Aubenas s’était rendue à de nombreuses reprises dans le Maghreb ces dernières années, notamment pour rendre compte de la crise algérienne. Fondée en 2001 à Paris, l’association Euromédia est exclusivement composée de journalistes professionnels, originaires de France et du Maghreb, a pour but de "défendre les intérêts professionnels et moraux des journalistes en France et à l’étranger". "Nous dénonçons par ailleurs la scandaleuse désinvolture de l’animateur Thierry Ardisson de l’émission ’Tout le monde en parle’ qui, après avoir interrogé samedi l’ex-otage Georges Malbrunot pendant près de 20 minutes, a survolé le cas de Florence Aubenas en moins de trois secondes et en utilisant les termes suivants : ’la fille de Libé’, comme s’il existait une hiérarchie dans la solidarité professionnelle" a ajouté Ali Bouzerda.
The Associated Press Rabat - 10 - 01 - 2005 |