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 Trois semaines après leur disparition à Bagdad, Libération s’est dit convaincu mardi que son envoyée spéciale en Irak Florence Aubenas et son interprète irakien Hussein Hanoun étaient vivants et victimes d’un enlèvement crapuleux, tandis que la mobilisation en leur faveur prend une nouvelle ampleur. Dans son édition de mardi, Libération a écrit : "sur le sort de Florence et Hussein, nous avons la conviction - qui n’est pas une certitude absolue - qu’ils sont vivants". "Aux témoignages déjà rapportés le 19 janvier, s’est ajouté depuis lors un faisceau d’informations, certes fragmentaires, et non vérifiées, mais qui vont toutes dans le sens d’une détention après kidnapping. Aucune preuve de cette détention n’a cependant été portée à notre connaissance", écrit Patrick Sabatier, directeur adjoint de la rédaction. Serge July, patron du quotidien, a également parlé mardi sur France Inter de sa "conviction" d’être "plutôt dans un enlèvement" crapuleux. Pour Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), interrogé par l’AFP, "tout exclut aujourd’hui la piste politique et, donc, par défaut on en conclut que c’est un rapt d’origine crapuleuse". "Les services français ont pris contact avec tous les groupes politiques et tous nient être à l’origine de cela", a poursuivi M. Ménard, pour qui "il ne faut pas exclure que les diplomates et les services français soient plus avancés qu’ils veulent bien nous le dire". Le gouvernement, par la voix de Michel Barnier, son ministre des Affaires étrangères, a insisté mardi pour sa part sur la "discrétion" nécessaire. M. Ménard rappelle le cas des deux Italiennes Simona Torretta et Simona Pari, enlevées le 7 septembre à Bagdad et libérées après 20 jours de détention, une affaire réglée "sans qu’il y ait jamais eu de revendication. Cela nous rassure". En même temps, poursuit-il, "à notre connaissance, pour Florence et Hussein, il n’y a jamais eu de +preuve de vie+ dans le jargon des prises d’otages, on est inquiet". Florence Aubenas et Hussein Hanoun ont disparu à Bagdad le 5 janvier et ils n’ont donné aucun signe de vie depuis. Après l’appel conjoint sans précédent à la solidarité avec Florence Aubenas et à la défense de la "liberté des journalistes", lancé lundi par les patrons des rédactions de France, la mobilisation s’amplifie en faveur de la journaliste et son interprète. Mercredi à 11h00, leurs portraits seront accrochés sur la statue de la Place de la République à Paris, en présence de la famille de Florence Aubenas, de l’ancien otage Christian Chesnot, de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, et de Bertrand Delanoë, maire PS de Paris. Des portraits de Christian Chesnot et de son camarade de captivité, Georges Malbrunot, avaient été accrochés de façon similaire sur la façade de l’Hôtel de Ville jusqu’à la libération des deux journalistes le 21 décembre. Mercredi, au Parlement européen à Bruxelles (16H30), une rencontre est organisée par plusieurs eurodéputés de divers groupes politiques. Le même jour, 15.000 affiches seront placées chez les marchands de journaux à Paris et en province. Lundi prochain enfin, au Théâtre du Rond-Point à Paris, une soirée fera alterner messages de soutien lus par des comédiens, témoignages et chanteurs. La fille d’Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidence colombienne, otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis février 2002, est invitée, pour montrer que "les journalistes ne se mobilisent pas que pour des journalistes", explique M. Ménard.
Agence France Presse Paris - 25 - 01 - 2005 |