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 La disparition à Bagdad de la journaliste française Florence Aubenas, et de son interprète irakien, restait entourée de mystère une semaine après, et a entraîné un début de polémique en France sur la nécessité de couvrir les zones à haut risque. Mardi, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a refusé de parler "d’enlèvement" de Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi, dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier. "Au moment où je vous parle, je ne parlerai pas d’enlèvement. Nous cherchons l’endroit où ils se trouvent. Nous sommes mobilisés, nous cherchons des informations, nous avons pris tous les contacts utiles", a-t-il déclaré dans un entretien avec la radio RMC. M. Barnier avait dit auparavant qu’il n’avait "aucune certitude" sur les raisons de la disparition de la journaliste du quotidien Libération et de son guide. Les confrères de Florence Aubenas, français comme étrangers, commencent à se mobiliser en sa faveur. Le secrétaire général de l’organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, avoue être dans le "brouillard". "Cette absence de revendication freine toute possibilité de lancer une tractation. Tout le monde a besoin de savoir ce qu’il en est et on ne sait rien", a-t-il déclaré à l’AFP. Cependant, note-t-il, "il faut se rappeler que pour Christian (Chesnot) et Georges (Malbrunot) la revendication est venue tardivement, huit jours après. Ce n’est pas inquiétant en soi". Des journaliste arabes ont lancé un appel intitulé "Sauvons la vie de Florence". "Florence est l’exemple même de la journaliste indépendante qui ose dire ce qu’elle voit, sans considération aucune pour les intérêts politiques ou partisans", écrivent ces journalistes indépendants du Maghreb, Irak, Palestine, Syrie, Liban et Egypte. Cependant, cette nouvelle disparition d’une journaliste d’un média français, après les enlèvements de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, libérés au bout de quatre longs mois, a entraîné une mise en garde des autorités françaises à la presse et un début de polémique. Le président Jacques Chirac a demandé aux rédactions de ne pas envoyer de journalistes en Irak, soulignant que "dans la période actuelle, la sécurité de nos correspondants de presse ne peut pas être assurée". "Il est impératif que les médias étrangers continuent de couvrir la situation dans ce pays", a cependant estimé RSF. La porte-parole du Parti socialiste, Annick Lepetit a aussi justifié la présence en Irak de journalistes français. "S’il (le président) estime que les journalistes ne doivent pas aller en Irak parce que c’est beaucoup trop dangereux, comment peut-il prétendre que les élections (législatives) doivent se dérouler le 30 janvier en toute transparence et en toute démocratie" et en même temps accepter qu’il n’y ait "plus personne pour observer ces élections", s’est-elle demandé. Enfin, la Fédération nationale de la Presse française (FNPF) a estimé que "la couverture de l’information en zone de conflit exige en effet une vigilance de tous les instants et le respect de règles de précaution impératives". Mais, s’interroge-t-elle, "peut-on abandonner toute information de source indépendante en zone de conflit voire laisser l’exclusivité de l’information à des sources totalement étrangères ? N’est-ce pas le but ultime recherché par les terroristes et preneurs d’otages ?".
Agence France Presse 11 - 01 - 2005
Mobilisation de journalistes arabes pour "sauver la vie de Florence Aubenas"
Des journalistes arabes se mobilisent pour l’envoyée spéciale en Irak du quotidien "Libération". "Dans le monde arabe, du Maghreb ou Machrek, ils considèrent Florence Aubenas comme une amie précieuse, qui a toujours su être du côté des causes justes, et dire avec courage ce qui peut déplaire aux puissants de ce monde", souligne l’éditrice tunisienne Sihem Bensedrine, dans "Le Monde" daté de mercredi. Florence Aubenas, qui a disparu avec son guide-interprète irakien Hussein Hanoun al-Saadi à Bagdad le 5 janvier dernier, "est l’exemple même de la journaliste indépendante", salue l’éditrice tunisienne. Elle "jouit d’une solide réputation professionnelle, établie sur sa préoccupation constante de refléter loyalement les faits sans considérer les pressions, ouvertes ou occultes", selon Sihem Bensedrine qui a rédigé la tribune collective "Sauvons la vie de Florence Aubenas". "Nous déclarons nous mobiliser pour que sa vie soit sauve", explique la vingtaine de journalistes arabes (Algérie, Egypte, Liban, Syrie entre autres) signataires de la tribune. "C’est à notre tour, nous les journalistes indépendants dans le monde arabe, de montrer que notre solidarité saura triompher de toutes les formes d’arbitraire et de violences".
The Associated Press Paris - 11 - 01 - 2005
Soirée de mobilisation jeudi pour Florence Aubenas
Reporters sans frontières, qui devait organiser une soirée festive jeudi à l’IMA à Paris pour le retour de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, a décidé de la transformer en soirée de mobilisation pour Florence Aubenas, envoyée spéciale de Libération disparue à Bagdad depuis mercredi, a annoncé l’organisation. "La petite fête que nous organisons jeudi à l’IMA (Institut du Monde arabe), pour le retour de Christain Chesnot et Georges Malbrunot aura un autre sens", indique RSF, lundi, dans son invitation. "Cette date sera la première occasion de nous rassembler pour demander des nouvelles de la journaliste française, montrer notre détermination à la famille de Florence et mettre en place la mobilisation avec ses collègues du jorunal Libération", a ajouté RSF. Georges Malbrunot et Christain Chesnot seront présents, ainsi que les médias qui ont soutenu ces deux ex-otages et des personnalités qui ont diffusé les appels à leur libération. La direction de Libération, et des membres de la famille de Florence Aubenas ont été également invités.
Agence France Presse 10 - 01 - 2005
Disparition d’une journaliste : pas de certitude sur un enlèvement
Le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier s’est refusé mardi à parler "d’enlèvement" à la suite de la disparition en Irak depuis mercredi dernier de la journaliste française Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi. "Au moment où je vous parle, je ne parlerai pas d’enlèvement. Nous cherchons l’endroit où ils se trouvent. Nous sommes mobilisés, nous cherchons des informations, nous avons pris tous les contacts utiles", a-t-il déclaré dans un entretien avec la radio RMC. M. Barnier avait déclaré lundi soir qu’il n’avait "aucune certitude" sur les raisons de la disparition le 5 janvier en Irak de la journaliste du quotidien Libération et de son guide.
Agence France Presse 11 - 01 - 2005
L’ambassadeur de France demande l’aide du Comité des oulémas musulmans
L’ambassadeur de France à Bagdad, Bernard Bajolet, a demandé lundi l’aide d’une des principales organisations sunnites d’Irak pour obtenir la libération de la journaliste française Florence Aubenas. Répondant aux journalistes après une rencontre avec le chef du Comité des oulémas sunnites, cheikh Hareth al Dari, M. Bajolet a affirmé : "J’ai eu à peine le temps de remercier le Comité pour son aide précieuse dans la libération des otages Georges Malbrunot et Christian Chesnot, que je suis venu solliciter à nouveau son aide pour la libération de la journaliste française", a-t-il déclaré à l’AFP. "Ils m’ont promis de tout faire pour la retrouver", a-t-il ajouté. Le porte-parole du Comité Omar Ragheb a confirmé la disposition de son organisation à aider. "Nous avons discuté avec l’ambassadeur (de France) l’affaire de la journaliste et du traducteur et il a demandé notre aide comme nous l’avions fait pour les deux journalistes" français, a-t-il dit. "Nous avons promis de faire le maximum pour les retrouver mais jusqu’à présent nous ne savons rien sur l’identité des ravisseurs. Nous ferons tout notre possible", a-t-il ajouté. La journaliste du quotidien Libération et son traducteur ont disparu mercredi en Irak. Leur disparition survient deux semaines après la libération, juste avant Noël, de deux autres journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, détenus pendant 124 jours par le groupe Armée islamique en Irak.
Agence France Presse 10 - 01 - 2005
La douleur de la mère de Florence Aubenas, "très très fière" de sa fille
Jacqueline Aubenas, mère de la journaliste Florence Aubenas, disparue depuis mercredi en Irak, se dit "réduite à une inertie douloureuse" tout en se déclarant "très, très fière" de sa fille, dans une interview diffusée samedi soir sur RTL. "Je dois avoir les yeux rouges de larmes parce que c’est d’abord un choc terrifiant", confie Mme Aubenas, elle-même journaliste et professeur de cinéma à Bruxelles. "Et puis cette incertitude, ce vide, cette absolue impossibilité de faire quoi que ce soit. On est réduit à une inertie douloureuse", ajoute-t-elle. "Le Quai d’Orsay a mis en place une cellule de crise qui fonctionne nuit et jour et je peux téléphoner quand je veux", indique Mme Aubenas. "Ils sont vraiment extrêmement concernés et responsables. Et à Libération aussi nuit et jour on s’occupe de Florence", ajoute-t-elle. "Il y a énormément déjà d’interventions. Enfin je suis très, très fière de ma fille", conclut Mme Aubenas. Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter au quotidien Libération, a disparu mercredi matin alors qu’en compagnie de son interprète elle était en reportage en Irak depuis le 16 décembre, enquêtant notamment sur les femmes candidates aux élections irakiennes du 30 janvier.
Agence France Presse 08 - 01 - 2005
Des journalistes arabes : "sauvons la vie de Florence" Aubenas
Une vingtaine de journalistes arabes ont lancé lundi un appel intitulé "Sauvons la vie de Florence" Aubenas, dans lequel ils se constituent en "comité pour la libération" de la journaliste française de Libération, disparue depuis mercredi dernier à Bagdad avec son interprète irakien. "Grand reporter au quotidien français Libération, Florence a parcouru le monde entier pour rendre compte de l’événement, là où il se produit et au péril de sa vie", peut on lire dans cet appel en français, publié sur le site oumma.com, et qui devrait l’être mardi dans Libération. Pour les journalistes signataires, "Florence est l’exemple même de la journaliste indépendante qui ose dire ce qu’elle voit, sans considération aucune pour les intérêts politiques ou partisans". "Elle jouit d’une solide réputation professionnelle établie sur sa préoccupation constante de refléter loyalement les faits sans considérer les pressions, ouvertes ou occultes", ajoute le texte. "Dans le monde arabe, du Maghreb au Machrek, les journalistes considèrent Florence Aubenas comme une amie précieuse qui a toujours su être du côté des causes justes et dire avec courage ce qui peut déplaire aux puissants de ce monde". "Son probable kidnapping est un acte qui sape les fondements de la mission des journalistes indépendants dans le monde", ajoutent les journalistes qui déclarent "(se) mobiliser pour que sa vie soit sauve". Les signataires de l’appel, qui se constituent en "comité pour la libération de Florence Aubenas", sont : Kaies Al Azawi (Irak), Abd El Bari Atwan, Youssef Ahmed (Palestine), Mohamed Ali Atassi (Syrie), Diana Mokalled, Elias Khouri, Jihad Ezzine, Joseph Samaha, Nada Abdel Samad, Samir Kassir (Liban), Hussein Abderrazek, Gamal Fahmy, Mustafa Husseyni (Egypte), Younes Moujahed (Maroc), Hafnaoui Ghoul, Mohamed Mehdi, Ghania Mouffok, Salima Mellah, Sid Ahmed Semiane (Algérie), Kamel Labidi (Egypte), M’hamed Krichen (Qatar), Neziha Rjiba (Om Zied), Sihem Bensedrine (Tunisie).
Agence France Presse 10 - 01 - 2005 |