|
 Plusieurs mouvements de femmes algériennes ont lancé dimanche un appel à une "mobilisation" internationale pour la libération des journalistes italienne Giuliana Sgrena et française Florence Aubenas, disparues en Irak. "Les hommes, les femmes, les associations, les institutions internationales, les Etats, doivent se mobiliser pour faire libérer Guiliana Sgrena ainsi que Florence Aubenas", ont estimé ces associations dans un communiqué transmis à l’AFP. Mme Sgrena, qui travaille pour le quotidien italien Il Manifesto, a été victime vendredi à Bagdad d’un enlèvement revendiqué par deux groupes islamistes irakiens. Florence Aubenas, reporter au quotidien français Libération, a disparu avec son guide il y a un mois dans la capitale irakienne.
Agence France Presse 07 - 02 - 2005
Journalistes disparus : Club de la presse de Lyon organise soirée de soutien
Le Club de la presse de Lyon organise mercredi une soirée de soutien aux journalistes français portés disparus en Côte d’Ivoire et en Irak, Guy-André Kieffer, Fred Nérac, Florence Aubenas, et l’interprète de cette dernière, Hussein Hanoun al-Saadi, a-t-on appris lundi auprès de l’organisation. Le patron du quotidien Libération, Serge July, le secrétaire général de Reporters Sans Frontières (RSF), Robert Ménard, le père de Florence Aubenas, Benoît Aubenas, et le frère de Guy-André Kieffer, Bernard Kieffer, sont attendus à la réunion, qui doit débuter à 18H00. Fred Nérac, caméraman indépendant, a été perdu de vue en Irak le 22 mars 2003. Guy-André Kieffer, journaliste franco-canadien free-lance qui se trouvait en Côte d’Ivoire, n’a plus donné de nouvelles depuis le 16 avril 2004. Florence Aubenas et son interprète ont disparu le 5 janvier 2005 à Bagdad. Le Club de la presse de Lyon, présidé par Michel Texier (Intermédia), compte 500 adhérents, journalistes, collaborateurs de presse, directeurs de publication, communicants indépendants et agences de relations publiques. Le Club a créé le 28 janvier un comité de soutien aux journalistes disparus, entendant, au-delà de l’assistance aux personnes, réaffirmer qu’il ne devait "pas y avoir dans le monde de zones interdites à l’information".
Agence France Presse 07 - 02 - 2005
Appel de journalistes algériens pour la libération d’Aubenas et Giuliana Sgrena
Des journalistes algériens ont lancé un appel pour la "libération immédiate" de leur consoeur française, Florence Aubenas, de son guide irakien et de la journaliste italienne, Giuliana Sgrena, disparus en Irak, dans une déclaration publiée dimanche par la presse. Les signataires de ce texte, "profondément inquiets et consternés" par "l’enlèvement" de Florence Aubenas et de son guide et le "rapt en plein centre de Bagdad" de Giuliana Sgrena, expriment "leur entière solidarité aux familles des victimes". Les journalistes algériens "interpellent les autorités irakiennes sur leur devoir d’assurer plus de sécurité aux journalistes", et "appellent les journalistes du monde entier à se mobiliser pour la libération" des deux journalistes. Une dizaine d’associations et organisations féminines algériennes ont également exprimé leur soutien aux deux journalistes, dans une déclaration publiée dans la presse. "Les hommes, les femmes, les associations, les institutions internationales, les Etats doivent se mobiliser pour faire libérer Giuliana Sgrena ainsi que Florence Aubenas", affirme ce texte. Mme Sgrena, qui travaille pour le quotidien italien Il Manifesto, a été victime vendredi à Bagdad d’un enlèvement revendiqué par deux groupes islamistes irakiens. Sa consoeur Florence Aubenas, reporter au quotidien français Libération, a disparu avec son guide il y a un mois dans la capitale irakienne et leur sort reste inconnu.
Agence France Presse 06 - 02 - 2005
Rassemblement de soutien à Montpellier à Aubenas et son guide
Une centaine de personnes se sont rassemblées à Montpellier, à l’initiative du club de la presse de la ville, pour soutenir la journaliste Florence Aubenas et son assistant irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus à Bagdad voici un mois, a constaté un correspondant de l’AFP. Les manifestants se sont réunis place de la Comédie et ont accroché sur la façade de l’opéra les portraits de la journaliste et de son guide. Parmi les personnes présentes, figuraient François Sergent, le chef de service de Florence Aubenas à Libération ainsi que le représentant local de Reporters sans frontières (RSF) Chistian Tua. "Il faut absolument continuer à aller en Irak pour une parole libre", a déclaré ce dernier.
Agence France Presse 05 - 02 - 2005
L’Italie mobilisée pour Giuliana Sgrena comme pour les deux Simona
L’Italie a commencé vendredi à se mobiliser pour la libération d’une journaliste du quotidien de gauche Il Manifesto, enlevée à Bagdad, comme elle l’avait fait en septembre, en faveur des deux Simona, volontaires d’une organisation humanitaire. Le ministre des Affaires étrangères, Gianfranco Fini, a convoqué l’ambassadeur d’Irak en Italie, Mohammed Al-Amili, pour lui demander que son pays mette tout en oeuvre "à tous les niveaux afin de parvenir le plus rapidement possible" à la libération de la journaliste. L’ambassadeur lui a répondu que "son gouvernement, reconnaissant de l’engagement italien en Irak pour créer un pays libre et démocratique, ne ménagera pas ses efforts afin de trouver une issue positive" à cet épisode. Giuliana Sgrena, 56 ans, a été enlevée vendredi dans le centre de Bagdad par des hommes armés. Elle travaille depuis 1988 pour le quotidien Il Manifesto, fondé par des intellectuels ayant quitté le parti communiste, dont la ligne est hostile à l’intervention américaine en Irak, ainsi qu’à la présence de troupes italiennes dans ce pays. Rome a envoyé un contingent de quelque 3.000 hommes cantonnés dans le sud de l’Irak. Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a pour sa part affirmé que "la machine des tractactions est lancée" pour obtenir la libération de Giuliana Sgrena, ajoutant que "tout ce qui pouvait être fait est déjà en cours". Il devait réunir dès vendredi soir plusieurs ministres importants dont M. Fini et le secrétaire d’Etat à la présidence du Conseil, Gianni Letta. Ce dernier a dénoué l’épineuse crise de l’enlèvement des deux humanitaires, Simona Pari et Simona Torretta, libérées après avoir été retenues en otages trois semaines en septembre dernier. Des personnalités politiques ont réclamé une mobilisation identique à celle qui a permis le retour en Italie des deux Simona. "Nous avons demandé au gouvernement de faire tout son possible comme cela a été le cas lors de l’enlèvement de Simona Pari et Simona Torretta", a déclaré Piero Fassino, secrétaire-général des Démocrates de gauche (DS), affirmant que son parti était "prêt à coopérer avec la présidence du Conseil" comme en septembre dernier. "Il faut activer le même mécanisme qui a fonctionné pour la libération des deux Simone", a renchéri le maire de Rome Walter Veltroni, également DS, ne cachant pas toutefois que l’enlèvement de Giuliani Sgrena "prouve que les problèmes en Irak ne sont pas encore résolus". Originaire de Valdossola dans le Piémont (Nord-Ouest), elle a été envoyée spéciale en Afghanistan et en Irak à plusieurs reprises, a déclaré à l’AFP l’un des rédacteurs-en-chef, Loris Campetti. Spécialisée dans la couverture du Proche et Moyen-Orient, elle parle arabe et est passionnée par l’islam. Membre d’un groupe féministe, elle a écrit plusieurs ouvrages sur les droits des femmes. "Giuliana est petite, réservée, l’opposé de l’image que l’on se fait des reporters de guerre, mais elle n’a peur de rien", a ajouté son confrère. "Elle a des contacts très solides à Bagdad, des bons rapports avec les oulémas, est engagée contre la guerre, comme c’est la ligne du Manifesto", a-t-il déclaré. "C’est ce qui nous fait douter qu’il s’agisse d’un enlèvement politique". Un point de vue partagé par le chef de la diplomatie Gianfranco Fini qui a jugé possible que la journaliste ait été enlevée parce qu’elle était "occidentale" et "non pas pour ce qu’elle écrivait". "Nous nous fondons tous nos espoirs sur le fait qu’elle connaît bien le terrain", a ajouté M. Campetti" Samedi, Il Manifesto organisera une manifestation pour elle devant le Capitole, la mairie de Rome.
Agence France Presse 04 - 02 - 2005
Disparition journaliste : "services de l’Etat totalement mobilisés" (ministre)
Le ministre français de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, a assuré dimanche que "les services de l’Etat sont totalement mobilisés" concernant la disparition, depuis un mois à Bagdad, de la journaliste Florence Aubenas et de son accompagnateur Hussein Hanoun al-Saadi. "24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les services de l’Etat sont totalement mobilisés et n’ont qu’un objectif, être utiles pour provoquer, lorsqu’on en sera là, le retour sur le territoire national de Florence Aubenas et de son accompagnateur", a-t-il indiqué sur la radio Judaïques-FM. Nous sommes "inquiets, mobilisés et résolus à mettre tout en oeuvre pour, dès qu’on en aura le moindre signe, faire en sorte d’être efficace pour les rapatrier sur le territoire national", a ajouté le ministre. Evoquant "le chaos irakien", le ministre français a affirmé qu’"il faut que la liberté de circulation y soit possible, sinon si on est totalement dépendant, la liberté d’information n’est malheureusement qu’un vain mot". Sur les éléments concernant la disparition de la journaliste, M. Donnedieu de Vabres a indiqué qu’"aucun indice ne nous permet de privilégier telle ou telle piste". Interrogé sur la phrase du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qualifiant la situation de Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi de "très sensiblement différente" de celle des deux ex-otages français en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, M. Donnedieu de Vabres a répondu que dans le cas de ces derniers, "l’enlèvement avait été revendiqué". Pour la journaliste de Libération et son guide "ils ont disparu, nous n’avons pas d’information".
Agence France Presse 06 - 02 - 2005
Florence Aubenas : les directeurs de la rédaction se réunissent à nouveau
Une deuxième réunion des directeurs de rédaction sur l’Irak et la journaliste Florence Aubenas, disparue le 5 janvier, est prévue lundi à Paris sur "le suivi des différents chantiers" et pour de "nouvelles initiatives", a-t-on appris dimanche auprès de Libération. Cette réunion fait suite à celle du 24 janvier, où plus d’une quarantaine de patrons de rédaction avaient évoqué plusieurs pistes et lancé un appel inédit à la libération de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, disparus depuis le 5 janvier à Bagdad. Cette nouvelle réunion d’une cinquantaine de patrons de presse (agences, audiovisuel, presse quotidienne et magazines) est prévue lundi à 11h00 au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère), à la Maison de la Radio. Il s’agira notamment, selon ce mail adressé par Serge July à une cinquantaine de directeurs de rédaction, d’évoquer la "situation de Florence Aubenas et Hussein Hanoun d’après les déclarations de Jean-Pierre Raffarin (Premier ministre), et la multiplication des enlèvements de journalistes (consoeur italienne de Il Manifesto)". L’envoi éventuel d’une délégation de directeurs de rédaction à Bagdad, idée lancée lors de la précédente réunion, sera également évoqué. Autres points à l’ordre du jour, "l’élargissement à la presse étrangère de (leurs) initiatives", le "projet de campagne de publicité sur (leur) pétition dans la presse irakienne" et une discusion "sur une participation des directeurs de rédaction" à la soirée organisée par RSF le 14 février à l’Olympia en faveur de Florence Aubenas, de Hussein Hanoun et de la journaliste italienne Giuliana Sgrena.
Agence France Presse 06 - 02 - 2005
Florence et Giuliana, deux journalistes dans le piège de Bagdad
La Française Florence Aubenas et sa consoeur italienne Giuliana Sgrena, qui sont tombées dans la trappe de Bagdad, étaient des journalistes de terrain n’hésitant pas à prendre des risques pour aller chercher une histoire en zone de conflit. Toutes les deux ont eu la même idée à un mois d’intervalle. La première, travaillant depuis 1986 pour le quotidien français de gauche Libération, avait affirmé à ses confrères peu avant sa disparition qu’elle voulait faire un reportage sur les déplacés du bastion sunnite de Falloujah ayant trouvé refuge près d’une mosquée dans l’université de Bagdad. La seconde, employée depuis 1988 pour le quotidien italien de gauche indépendant Il Manifesto, a été enlevée vendredi peu après avoir rencontré les mêmes personnes. Fuyant l’offensive américaine en novembre 2004 contre leur ville devenue une place forte de l’insurrection, 17 familles, soit 1.033 personnes, vivent depuis trois mois sous des tentes autour de la mosquée sunnite al-Moustafa de cette université du centre de Bagdad. Toutes les deux célibataires, elles s’étaient rendues dans des zones difficiles. Agée de 43 ans, Florence Aubenas, qui est née en Belgique, a ainsi travaillé en Algérie, au Rwanda, au Kosovo, en Bosnie, en Afghanistan et bien sûr en Irak. "Elle est une grande professionnelle, habituée des zones à risques", commente le directeur de la rédaction de Libération Antoine de Gaudemar. Spécialiste du Moyen-Orient, Giuliana Sgrena, 56 ans, originaire du Piémont dans le nord-ouest de l’Italie, était venue plusieurs fois en Irak, a travaillé en Afghanistan et avait étudié l’arabe. "Elle a des rapports très solides à Bagdad, a des bons rapports avec les oulémas, est engagée contre la guerre, comme c’est la ligne d’Il Manifesto. Elle est tout sauf +embedded+, faisant des reportages très personnels et documentés", a indiqué à l’AFP, le chef des pages reportage, Loris Campetti. Brunes, les cheveux châtains et mi-courts, elles étaient de caractères différents. Giuliana était petite et réservée alors que Florence était plutôt grande et avait le rire facile. Leur point commun est qu’elles circulaient sans peur dans cette ville, livrée à l’anarchie, aux enlèvements politiques et crapuleux et aux meurtres. "Cela nous fait avoir quelques doutes sur le fait qu’il puisse s’agir d’un enlèvement politique", a ajouté M. Campetti. C’est exactement le même sentiment qu’ont les autorités françaises concernant la disparition de Florence Aubenas.
Agence France Presse 04 - 02 - 2005 |