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 Un opposant tunisien, Ahmed Ouerghemi, a été interpellé lundi à Paris et se trouvait depuis en rétention, en instance d’être expulsé en Tunisie, a-t-on appris mercredi de source policière et auprès d’un collectif d’opposant tunisiens basé à Paris. M. Ouerghemi est soupçonné "de liens avec la mouvance islamiste radicale", selon la source policière, et "avait attiré l’attention des services de police", toujours selon cette source, dans des affaires de faux documents administratifs. Il devrait faire l’objet d’une reconduite dans son pays, a-t-on précisé de même source, ajoutant qu’il a été arrêté "en situation irrégulière" au cours d’un contrôle de police dans un marché aux Puces du nord de Paris. Sa reconduite à la frontière a été dénoncée jeudi par le "Collectif de la communauté tunisienne en Europe" qui critique cette extradition et appelle à la "mobilisation de tous pour sauver notre compatriote et opposant", arrêté, selon lui, pour ce seul motif. Le collectif estime qu’il y a un "danger réel" à ce qu’il soit reconduit en Tunisie. Il ajoute que M. Ouerghemi avait fait l’objet d’un premier arrêté de reconduite à la frontière en juin 2003. La justice administrative avait annulé la décision fixant la Tunisie comme pays destinataire de son expulsion. En raison de ce jugement, toujours selon le collectif, l’opposant était assigné depuis à résidence en région parisienne.
Agence France Presse 20 - 01 - 2005
Communiqué
Après Tarek Belkhirat, la France s’apprête à remettre à Ben Ali l’opposant tunisien Ahmed Ouerghemi, mis en rétention au centre de Vincennes. Son assignation à résidence vient d’être annulée, première étape de l’extradition
Nous apprenons que l’opposant tunisien Monsieur Ahmed Ouerghemi vient de faire l’objet d’un arrêté de reconduite à la frontière et transféré cet après midi (le 20 janvier 05) au Centre de rétention de Vincennes. M. Ouerghemi a été arrêté ce lundi 17 janvier au marché de Clignancourt lors d’une opération collective de contrôle de police. Pourtant, M. Ouerghemi a fait l’objet d’un premier arrêté de reconduite à la frontière en date du 26 juin 2003. Un appel auprès du Tribunal administratif a abouti à l’annulation en date du 28 juin 03 de la décision fixant la Tunisie comme pays de destination, vu les risques pour sa vie, ce qui a permis sa libération, et son assignation à résidence à Saint Ouen, puis le 11 août 2003 à Paris. Hier, mardi 19 janvier, l’épouse de M. Ouerghemi s’était rendue, accompagnée du Président du CCTE, à la 12° Section de la PP à la Préfecture de Paris pour expliquer la situation de M. Ouerghemi en leur fournissant les documents établissant sa qualité d’assigné à résidence et l’encours de la régularisation de sa situation administrative, après les différents rejets de sa demande d’asile. La 12° section de la Police nous a promis de le libérer le même jour ou au plus tard le lendemain, car, nous a-t-on dit, il s’agit d’une simple formalité d’identification. Il n’en a rien été. En fait, la police judiciaire attendait la venue des agents des RG qui l’ont interrogé cet après midi. On lui a indiqué que les menaces qu’il a proférées sans cesse contre Ben Ali sont mal perçues par les autorités françaises. Et que, en outre, les autorités tunisiennes ont demandé aux autorités françaises de le leur livrer. Les agents français lui ont clairement signifié qu’ils ont bien l’intention d’accéder à cette requête des autorités tunisiennes et qu’ils ont l’intention de le leur livrer. Au cours de cet interrogatoire, on lui a reproché ses contacts avec les opposants tels que Salah Karker, Kamel Jendoubi, Khaled Ben Mbarek et Mondher Sfar. Le Bureau du CCTE prend très au sérieux ces menaces à l’encontre de l’opposant Ahmed Ouerghemi. Nous avons tous en mémoire la livraison par la France le 18 mai 2004 de l’opposant tunisien Tarek Belkhirat, résidant en France depuis 22 ans et père de cinq enfants, et ce malgré de nombreuses interventions dont celle de la Ligue des Droits de l’Homme, et de la députée européenne Madame Françoise Duthu, du Groupe des Verts. Une grande mobilisation de tous est nécessaire pour sauver notre compatriote et opposant M. Ouerghemi, car le danger est réel. Le risque est d’autant plus probable que le Premier ministre M. Raffarin se rend sous peu en Tunisie pour raffermir les relations de la France avec la dictature de Ben Ali. Il est à craindre que M. Raffarin soit tenté de monnayer quelques faveurs du dictateur tunisien contre la livraison de M. Ouerghemi. Contact Mme Zoubida Ouerghemi - Tél. : 0613464063
Paris, le 19 janvier 2005 Le Président : Mondher Sfar
Collectif de la Communauté Tunisienne en Europe 1, rue Cassini, 75014 Paris - Tél : 0660065998 - msfar@wanadoo.fr |