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Communiqué urgent Affaire Ouerghemi
Au cours de l’audience du Tribunal administratif à Paris du 22-01-05 les autorités françaises ont confirmé leur détermination à livrer Ahmed Ourghemi à Ben Ali Il n’y a plus aucun doute : la France est décidée de remettre Ahmed Ourghemi aux tortionnaires de Ben Ali. Au cours de son intervention de ce matin devant le Tribunal administratif , le représentant du ministère de l’Intérieur n’a laissé aucun doute sur le sort qui attend l’opposant tunisien Ahmed Ouerghemi. Il a commencé par nier la qualité d’opposant de notre compatriote, en affirmant qu’il n’existe rien dans son dossier qui le prouve. Et tout pressé qu’il est d’aller à l’essentiel, au prix de se contredire totalement sur ce qu’il vient de dire- il donne cette grave information : « Un rapport des Renseignements Généraux établit que M. Ouerghemi est en relation avec un groupe terroriste, et que sa présence en France constitue une menace à l’ordre public. » Pour couronner le tout, le représentant du Ministre de l’Intérieur précise la solution envisagée : « M. Ourghemi a contracté un mariage religieux donc non reconnu par la loi française. De ce fait, sa concubine’ devra rentrer au Maroc, son pays d’origine, elle et sa fille. Quant à M. Ouerghemi, il devra rentrer en Tunisie où il pourra s’occuper de sa famille laissée en Tunisie. » (Ce dernier point ne manque pas d’un certain cynisme : ce sont les autorités tunisiennes qui ont poussé au divorce d’avec sa première femme, sans parler du refus de leur octroyer des titres de voyage.) En somme, les autorités françaises ne reconnaissent pas en l’intéressé sa qualité d’opposant, mais pour l’envoyer en Tunisie, ils la lui reconnaissent : il est même accusé de terrorisme. On comprend mieux les choses : la France ne pourra pas engager des poursuites contre Ouerghemi pour activité terroriste, alors on l’expédie chez l’ami Ben Ali spécialiste es torture capable de prouver qu’il est bien un terroriste... Tout cela pour faire plaisir à « notre ami Ben Ali » qui réclame inlassablement à son ami personnel Chirac’ la tête de Ouerghemi. Raffarin pourra la lui livrer sur un plateau lors de son voyage en Tunisie dans un semaine. Ce jeu est odieux et n’honore pas le pays des Droits de l’homme. M. Ouerghemi est en danger de mort. Il peut désormais être embarqué à tout moment en Tunisie. Deux familles en souffriront. Une action énergique est urgente. En plus, M. Ouerghemi a besoin urgent de conseils d’avocats pour les recours. Toute bonne volonté est la bienvenue. C’est urgent.
Paris, le 22 janvier 2005 Le Président : Mondher Sfar
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