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Le parquet fédéral allemand a requis jeudi six ans de prison contre l’islamiste tunisien Ihsan Garnaoui, jugé à Berlin et accusé d’avoir effectué dans cette ville des préparatifs d’attentats, qui auraient pu faire de nombreuses victimes, au nom du réseau Al-Qaïda. Dans son réquisitoire, la représentante du parquet fédéral, Silke Ritzert, a estimé être "pleinement persuadée" de la culpabilité de Garnanoui. "Un crime épouvantable se serait produit si Garnaoui n’avait pas été arrêté", a-t-elle dit.Le verdict est attendu le 6 avril prochain. Selon l’accusation, le Tunisien, âgé aujourd’hui de 34 ans, est entré clandestinement en Allemagne en janvier 2003 en vue de créer un groupe terroriste pour commettre des attentats visant des cibles américaines et israéliennes. Il est également accusé de fraude fiscale. Mme Ritzert a affirmé que Garnaoui avait reçu d’un inconnu la mission de tuer de nombreuses personnes, dans le cadre d’un attentat visant à porter un coup au moral de l’opinion publique occidentale : il est accusé d’être impliqué dans des préparatifs visant à faire exploser des bombes au cours d’une manifestation à Berlin contre la guerre en Irak, peu après le début du conflit en mars 2003.Garnaoui, selon l’accusation, a été formé dans un camp d’Al-Qaïda et a rencontré le chef du réseau islamiste Oussama ben Laden. En novembre dernier, le patron des renseignements allemands, Heinz Fromm, entendu comme témoin, avait chargé l’accusé. Selon lui, les renseignements de la police allemande faisaient ressortir un projet d’"acte très concret, de choses graves".Ces projets d’attentats avaient été évoqués lors d’une rencontre entre Garnaoui, fils d’un imam, et plusieurs autres musulmans courant février 2003 à Berlin, d’après le Parquet. Le Tunisien avait été interpellé le 21 mars 2003.Au cours du procès, les avocats de la défense ont affirmé que les éléments produits par la police ne permettaient pas de conclure "clairement" à la préparation d’un "acte criminel". Ce qu’a contesté le Parquet fédéral, mettant l’accent sur des écoutes téléphoniques.
Agence France Presse 10 - 03 - 2005 |