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dimanche 3 juillet 2005, 15h53
TUNIS (AP) - La cour d’appel de Tunis a prononcé tôt dimanche matin cinq acquittements et des réductions de peines en faveur de plusieurs jeunes Tunisiens accusés de délits à caractère "terroriste" pour avoir voulu se rendre en Irak pour combattre aux côtés de la "résistance", a-t-on appris dimanche auprès de l’un de leurs avocats, Me Samir Ben Amor.
Quatorze jeunes, des étudiants et des fonctionnaires, la plupart âgés de 20 à 30 ans, étaient inculpés dans cette affaire dite du "groupe de Bizerte", du nom de la ville située à 60 km au nord de Tunis dont ils sont originaires.
Ils avaient été condamnés en première instance à de lourdes peines allant de 10 à 30 ans d’emprisonnement. Les accusations retenues contre eux portaient notamment sur l’"appartenance à une organisation terroriste opérant à l’étranger", le "recrutement et la formation idéologique et militaire en vue d’entreprendre des actes terroristes hors du territoire national".
Outre les cinq acquittements, les six autres prévenus présents à l’audience ont bénéficié d’une réduction de peine allant de cinq à 20 ans de prison. La cour a ainsi ramené de 30 à 20 ans la peine prononcée contre Mohamed Anis Béjouya, considéré comme étant le chef du groupe. Quant à Lotfi Zine, il a vu sa peine réduite de 30 à cinq ans de prison.
Cependant, le verdict prononcé en première instance contre les trois prévenus condamnés par défaut (30 ans de prison) demeure inchangé.
Fait rare, voire sans précédent dans les annales de la justice tunisienne, le procès en appel qui avait débuté dans la matinée de samedi s’est achevé dimanche à l’aube.
Les 11 prévenus comparaissant en état d’arrestation se sont relayés à la barre pour être longuement interrogés par le président de la cour, Jédidi Ghani, sur les faits qui leurs étaient reprochés.
Tous ont clamé leur innocence, réfutant en bloc les accusations qui leur étaient attribuées. Ils ont nié appartenir une quelconque organisation pour commettre des actes terroristes, ni avoir reçu une formation militaire ou autre dans ce but. Ils sont également revenus sur les "aveux" figurant dans les procès-verbaux de l’instruction, affirmant qu’ils les avaient signés sous la pression et la torture.
Plusieurs prévenus on nié avoir projeté de se rendre en Irak. Selon eux, leur "seul tort" est d’avoir discuté de la "résistance contre l’occupation américaine" qu’ils considèrent du reste comme "légitime". AP |