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Quelque 70.000 personnes sont mortes depuis le début de la crise humanitaire au Darfour, dans l’ouest du Soudan, où des centaines d’habitants continuent à périr chaque jour, a déclaré vendredi un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). David Nabarro, responsable d’un groupe de crise de l’OMS, a affirmé que dans les conditions actuelles de malnutrition et de maladies environ 10.000 personnes mouraient chaque mois au Darfour. "En se fondant sur ces chiffres, l’OMS a calculé que le bilan, qui ne comprend pas les victimes de violences, atteignait 70.000 morts", a déclaré Nabarro. De leur côté, les Nations unies avancent depuis quelque temps un bilan de 50.000 victimes. Nabarro a également tiré la sonnette d’alarme au sujet du manque de fonds dont disposent les agences des Nations unies pour faire face à la crise. Il estime que les institutions dépendant de l’Onu n’ont reçu que la moitié des 300 millions de dollars dont elles ont besoin. Il a pris pour exemple le fait que, faute de moyens, les ONG doivent assurer la distribution de l’aide humanitaire dans des véhicules tout-terrain souvent sujets à des pannes alors qu’ils devraient le faire en hélicoptère, étant donné la nature accidentée du terrain.
Manque de moyens criant
Les ONG ne disposent que de trois ou quatre avions quand il leur en faudrait plus de dix, a-t-il ajouté. "Nous n’avons pas compris la nature extraordinaire des défis auxquels nous sommes confrontés dans une région de la taille du Darfour", a-t-il souligné. La superficie du Darfour équivaut à celle de la France. Le dernier bilan en date couvre la période qui s’est écoulée depuis mars, date à laquelle les ONG ont commencé à avoir un meilleur accès à cette région où, selon l’Onu, 1,5 million de personnes ont fui leurs foyers face aux violences. Par ailleurs, l’Union africaine (UA) commencera ce week-end à déployer 4.000 hommes supplémentaires attendus au Darfour, a annoncé vendredi son président, le Nigerian Olusegun Obasanjo. D’ici à fin novembre, 4.500 soldats de l’UA seront en poste dans la province soudanaise. Un mouvement rebelle a vu le jour au Darfour début 2003 après des années d’accrochages entre des villageois africains sédentaires et des nomades arabes. Les rebelles accusent le gouvernement d’avoir armé des milices arabes dites "Djandjaouids" qui se sont livrées à des exactions et à des pillages dans les villages de la communauté noire, ce que Khartoum dément. Des discussions de paix qui avaient abouti à une impasse le mois dernier doivent reprendre le 21 octobre.
Reuters - Genève 15 - 10 - 2004 |