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Interventions (suite)
Mkarriz ,

Il s’agit des interventions de Hasni et Angélica à propos du C.D. et reçues par e-mails, ça fait quelques jours. J’ai mis en ligne ce qui m’a paru d’actualité avec l’évolution des travaux.

Angélica :

Je vois un problème à la question posée par le débat de hier : se demander quoi faire pour rassembler l’opposition revient en fait à poser la vieille question, déjà posée dans le CD d’ailleurs (si je me souviens bien) : "est-ce possible de rassembler l’opposition ?" eh bien... visiblement, personne n’a trouvé la réponse. Et si c’était non ? et si ce n’était pas possible ?

J’ai été marquée par deux interventions [dans le dernier débat du CD sur TZ] : celles de zouhair, qui arrive à mon avis à toujours mettre le doigts sur l’essentiel. C’est la première fois que je le vois à l’oeuvre de ce point de vue-là, et je trouve ça redoutable. (...) Concernant les propos de zouhair, voici ma mise en ordre et ma façon de les comprendre, avec des vrais bouts d’interprétation personnelle dedans : (jedid, c’est quoi ? du sang ?) si c’est bien du sang neuf qu’il veut en politique, zouhair, je suis d’accord avec lui. Ça commence à agiter des gens, cette idée que la place doit être aux jeunes.

Mais là, je pose une autre question : pourquoi les jeunes ne la prennent simplement pas ? Je suis convaincue que le problème est là, dans la volonté de participation et d’investissement dans la vie d’opposition. Un exemple pratique et anonyme : on se mets d’accord pour une collaboration ou un travail, on partage les tâches, arrivé le délai imparti, personne n’a fait ce qu’il devait, on renvoie à un autre délai, et ainsi de suite jusqu’à la mort du projet. Pourquoi ? Pour d’excellentes raisons à chaque fois : du boulot, la mort de grand-mère, des gros soucis, un déménagement, et ainsi de suite. Personne ne prend cet investissement dans l’opposition comme une priorité de vie, ce n’est qu’un "hobby", le premier truc qu’on met de côté en cas d’urgence. Bon, je vais arrêter de râler :-) Mais le problème est là, pour l’action : qui est disposé à y mettre son temps, comme pour un vrai boulot, parce que s’en est un. Quoi, ce n’est pas payé ? il n’y a pas de contrat ? si, il y en a un, avec la vie... ça maaaaaaaanque... un de ces jours, il faudra que j’écrive sur le sujet.

Donc, pourquoi insister à tenter de réunir des gens qui tentent juste d’échapper à toute union ? Laissez ceux qui ne veulent pas participer où ils sont. Et trouvez du sang neuf : y compris le vôtre. Eh, ce n’est pas une leçon que je donne, hein ? mais je crois que la question du prochain débat, c’est celle-ci : jusqu’ou êtes-vous disposé à aller pour le CD ? quel investissement ? là, on saura qui est disponible à signer une sorte de contrat de travail...

Donc du sang neuf. Et je repose différemment la question : pourquoi il n’y a pas cet investissement prioritaire ? bon, d’accord, plein de blabla sur la société de communication, l’information sans opinion, etc. C’est certainement une base, et il ne faut pas l’oublier. Il y a aussi plein d’autres problèmes sociaux liés plus particulièrement à la Tunisie et à la dictature. On peut tous les imaginer. Mais je crois qu’il y a aussi autre chose, forcément causé par tous les autres éléments : quoi faire ? (...) S’il n’y a pas d’investissement, c’est ptet bien parce que personne ne sait bien quoi faire. Ben oui, sinon on le ferai. (...)

A nouveau, pourquoi ? pourquoi la plupart des gens ne sait pas quoi faire ? je refuse toute interprétation moralisante, ou méprisante, ou rabaissante du genre "tous des cons" ou "tous des mous" ou "tous des ignorants". Non, il y a une bonne raison... pour agir, il faut avoir un but. Mais pour avoir un but, quels sont les ingrédients ? il faut avoir une idée d’une situation. Avoir une opinion des problèmes causés par cette situation. Et surtout, enfin, avoir une idée de sa place dans ce rouage, et donc des leviers sur lesquels on peut agir. C’est donc à la portée de tous, mais ce n’est pas une évidence à construire. Comment avoir une place dans une machine qui détruit ? on n’a pas envie, forcément. Et pour l’homme de la rue, comment croire, sans "pouvoir", qu’on peut avoir des leviers d’action ?

Et là, on en arrive à une nouvelle question : quels sont les leviers d’action ?

Il y a deux autres points qui m’ont bien parlé. Zouhair parle des trois points qu’il trouve importants à respecter. La laïcité, le statut de la femme, la conformité du destour avec la charte des droits de l’homme. D’un autre côté, walid (je crois que c’est lui) rappelle les propos d’Astrubal : il faut juste appliquer déjà le théorique, le cadre légal existe déjà, on pourra toujours améliorer après ; mais ce qui existe, avec les garanties d’applications qui n’existent pas aujourd’hui, c’est déjà une base pour la démocratie. Ce cadre théorique, je rajoute, est déjà un toit sous lequel on peut réunir les gens, les tendances, les partis... ça existe. Mais ce n’est pas appliqué... La conformité du destour avec la charte des droits de l’homme. Application à la lettre du cadre légal existant. Voici un point important. Un but. Quels leviers pour l’atteindre ?

Pratiquement, voici la synthèse :

1 il faut une déclaration d’investissement réel de la part des acteurs du chantier démocratique. Un temps de travail, une gestion des urgences, une présence sans faille, c’est nécessaire. Ce n’est pas un terrain de jeu ou de hobby.

2 une description claire du ou des buts à atteindre. Un énoncé général répondant à un idéal de société, puis un approfondissement par points divers, selon les domaines d’activités humaines et sociales. On peut déterminer même plusieurs niveaux de profondeur, et tenter de trouver les ramifications en terme de conséquences prévues... ou de liens présagés.

3 une proposition de débat sur les moyens à mettre en oeuvre : chacun met en oeuvre ce qu’il propose, c’est certain. A moins, ce n’est pas possible. Chacun propose ce qu’il sait pouvoir faire, et qu’il fera, c’est un engagement.

Peut-on réussir à faire quelque chose ? je ne sais pas, mais ça vaut la peine de toute façon d’essayer.

Hasni :

Si tu reprends un peu les choses en main, ca peut démarrer. Voici mes réactions publiables ou modifiables.

Dès la présentation des premiers documents, le chantier démocratique doit marquer une rupture pour mieux marquer une réelle évolution ou une réelle différence par rapport à l‘(in)existant actuel.

Pour se démarquer des anciens réflexes et des anciens démons, évoqués dans l‘article 7 de la charte, les termes et les expressions retenues dans les écrits doivent être choisis avec soin pour éviter les formules passe-partout qui seront autant de freins à l’intégration des énergies.

La Charte qui est le document fondamental du chantier devrait être l’exemple de cette démarche. Je pense sincèrement au risque de faire sourire que sans un peu de méthodes et d’organisation, cette démarche perdra l’essentiel. Si on ne sait pas définir quelques objectifs, des ordres du jour, des comptes rendus à diffuser et à stocker et un calendrier à tenir, ça sera éreintant.

Mais notre force est avant tout de pouvoir organiser la diffusion d’une information pour qu’elle puisse être consultée, utilisée, voir actualisée par les participants.

Ces derniers seront certainement les plus difficiles à définir car les internautes sont assez papillonnant si j’ose dire. Donc exiger quoi que ce soit des anonymes instables, des sauvageons du net, c’est perdre son temps d : -) . Il n’y a que 3 questions : dis moi ce que tu veux faire, dis moi ce que tu sais faire, dis moi si tu connais quelqu’un qui pourra faire le lien et de combien de temps tu disposes moins 50% (ça fait une question de plus mais ya toujours des aléas). C’est donc un mode d’emploi de diffusion, de stockage et de consultation d’une information qu’il faut organiser avant tout. Ca pourrait commencer par la mémoire du CD. Car ça sera toujours pénible de refaire ce qui a été fait. J’arrête là, ou presque, par esprit de synthèse :-p

L’article 1 : (première version) est un parfait contre exemple. On ne saurait faire une définition ou aborder une création de quelque chose en commençant par dire ce qu’il n’est pas et en étant négatif et craintif. Cette remarque peut passer pour du pinaillage (si j’ose dire) mais je pense que le langage est important car souvent, nous assistons à des incompréhensions, à des quiproquos du fait simplement de l’expression mal choisie ou traduite trop littéralement. Je lis souvent des termes autoritaires qui ne sont souvent que la mauvaise expression d’un auteur de bonne foi et de bonne intention. (si, si).

L’article 2 : Je ne sais pas réellement ce qu’est l’intérêt commun, qui me semble être la simple somme des intérêts particuliers. L’intérêt général me parle plus comme concept républicain. Je ne saurais perdre mon temps à « oeuvrer » à casser des barrières que d’autres ont érigées depuis toujours. « Ils » fonctionnent selon un modèle ancien, dépassé si tant est qu’il fonctionna un jour. Le CD ne doit pas s’inscrire dans cette logique dans ce cadre de fonctionnement obsolète qu’il prétend dépasser par définition. Bref, éliminer des arrières est une démarche négative. (...) article 5 C’est bien là que l’on attend le mode d’emploi ...dicté par le comité exécutif qui débarque dans l’article 6 suivant sans être défini lui même. (...) L’article 10 est beaucoup plus grave à mon goût. Il a le tord de mélanger les donneurs d’ordre autour de Ben Ali et l’appareil administratif qui n’est pas forcément l’appareil d’un parti unique si on compte un peu sur les fonctionnaires, les militaires, les personnels des administrations locales, ... (...)



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