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Ce saint verset demeure celui qui m’est le plus cher et le plus près du coeur en ces temps où la sincérité se fait rare et où les hypocrites s’en donnent à coeur joie, des temps où certains ont préféré la mort à l’enfer d’une existence pénible telle que nous la vivons. Ce n’est pas de ma faute si je suis né dans un pays gouverné par un tyran et meublé par un peuple dont la situation fait pitié, privé des bases primordiales d’une vie décente mais qui en est satisfait au point de la servilité. Qu’ai-je commis comme crime pour vivre en marginal, comme l’écrasante majorité de mes concitoyens ? Pourquoi devrai-je me taire alors que ne me reste de mon immunité qu’un peu de raison et quelque articulation de langue ? Ils ont décidé que je serai, jusqu’à la ligne d’arrivée, l’éternel perdant mais j’ai décidé le contraire dès que je n’ai plus eu grand chose à perdre et en mon for intérieur résonne et à jamais la résolution : "Nul répit aux lâches !"
Je me suis imposé en porte-parole des écrasés sans avoir eu besoin d’urne ni de réunions à huis clos ni de dépouillement à la main ou automatisé ni même de l’avis de qui de droit ! C’est que celui qui est en train de se noyer essaie de s’agripper ne serait-ce qu’à un fétu de paille ? J’ai réappris à écrire, à raconter des histoires, à avoir de l’imagination ? J’ai appris à naviguer, à fabriquer les embarcations, je me suis bâti un havre à moi tout seul ? J’ai décidé, j’ai posé mes lois, j’ai appliqué ? Seul, loin des yeux qui ne dorment pas et des coeurs malades ? Je n’ai demandé l’aide ni les conseils de personne et j’ai eu la certitude qu’un droit constamment réclamé ne risque pas d’être perdu ? Et ça a été le choc car ils ont toujours été les plus violents et leurs ciseaux ne m’ont même pas laissé goûter à une victoire éphémère ? Je n’ai pas désespéré et je me suis juré de rester fidèle à moi-même et à ceux envers lesquels je me sens lié par un pacte. " Nul répit aux lâches !"
Les années passent comme des jours, avec leurs heurs et malheurs et je retrouve notre havre ensoleillé infesté par les guetteurs, les ignares et les marchands du plaisir et des illusions avec leurs paroles vides et leur esprit désert. La résistance du havre face aux vents, aux tempêtes, aux Postes, aux Télégraphes et même aux Téléphones les a irrités ? Ils ont été pris d’une noire colère quand le timonier est revenu fendre les flots avec son navire, défiant de nouveau la tyrannie ? La crapule et ses servants étaient venus planter les graines de la discorde avec leurs mensonges et certains ont préféré les croire pour faire plaisir à leurs complexes et à leur narcissisme mais le porte-parole malgré eux des tourmentés de ma terre a dit : " Nul répit aux lâches !"
Ils ont confondu tolérance et faiblesse, modestie et impuissance et ils ont cru qu’il leur était possible de se mesurer à leurs maîtres, mes concitoyens libres, après que toutes leurs tentatives de recrutement par la carotte ou par le bâton aient été vouées à l’échec. Ils n’ont pas réussi à avoir pied-à-terre dans le grand havre ; leurs fers ont manqué tous les navires ; ils se sont brûlés avec l’huile bouillante qu’ils ont déversée. Ils ont voulu stériliser la terre fertile en y déversant leur sel mais "Nul répit aux lâches !"
Ceux qui croient que le havre a fermé ses portes se fourvoient et il serait bête de croire que les rois de la mer puissent avoir peur des chauve-souris et des rongeurs qui languissent d’une terre ferme comme les esprits rocailleux qui ne supportent pas l’évocation même de la liberté.
Toutefois, il fallait remettre les injustes sur le droit chemin, surtout que nombre d’entre eux ont avoué qu’ils ne sont qu’agents au service du tyran et guides vers l’égarement et la zizanie. Qu’ils périssent donc de déception et d’amertume car le havre demeure fièrement dressé face aux tempêtes et " Nul répit aux lâches !"
Ceci n’est qu’une petite nouvelle partie d’un abondant flot ancien et ce n’est pas moi qui ai commencé !
Un des timoniers du havre
Ettounsi de TUNeZINE
1er juin 2004 : fête de la victoire hier et demain |