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Que l’on ne se le cache pas, la jeunesse tunisienne, source de toutes les contestations à travers l’Histoire humaine, n’est pas au rendez-vous.
Et c’est un problème majeur auquel il faut remédier. En tant que jeune Tunisien issu de la génération Ben Ali, je peux comprendre la réflexion des jeunes de nos jours. Dans un contexte local des moins fameux (montée de l’islamisme, guerre civile en Algérie, chômage et mondialisation à outrance) la Tunisie a bénéficié d’une stabilité politique, sociale et économique indéniable. Et les premiers bénéficiaires de ces relatifs conforts modernes sont les jeunes. Ayant grandi dans le spectre de la faillite politique et économique du pré-Ben Ali et de la Révolution du pain, nous nous sentons privilégiés et aussi fiers de nos acquis .
En effet le pouvoir a, dés le début, compris le danger potentiel de cette jeunesse de plus en plus nombreuse et de plus en plus scolarisée. Cela s’est bien sûr traduit par l’intégration des jeunes dans la vie politique de l’Etat-Parti à travers les Convention des jeunes Rcdistes, une plus grande présence au niveau des Universités et un ton paternaliste. Les universités, foyers logiques de toute contestation ont été géographiquement éloignées pour ainsi mieux les encadrer. La présence policiére suite aux émeutes des années 80 a été renforcée. Un savant mélange d’étouffement et d’ouverture sur la consommation (boites, restos, bars, alcool, libéralisation des moeurs et drogues) ont jusqu’à récemment tenu la jeunesse loin de toute conscience politique .
Mais la donne actuelle est différente, (système universitaire décalé, surpopulation dans les facultés et les classes, système d’orientation ne tenant pas compte des reéls potentiels et ambitions avec un système de quotas digne de l’ère soviétique, internet ligoté, chômage exacerbé, salaires misérables) les jeunes se tournent vers l’Occident et semble être totalement désintéressés.
La récente annonce de la visite de Sharon, la grève des enseignants du secondaire et des professeurs universitaires n’ont pas ravivé la flamme de la jeunesse Tunisienne.
Alors que faut-il pour que cette jeunesse - force vive du pays et unique contre-poids au régime - se décide à prendre en main le destin du pays et se révolter contre le pouvoir en place ?
Sans la conscientisation de cette force vive, l’opposition Tunisienne n’accédera jamais au pouvoir démocratiquement. Lorsque je m’addresse aux concitoyens de ma génération sur leur indifférence face à la situation du pays, la réponse que je recois à chaque coup c’est le manque de visibilité de toute opposition, l’absence d’un leader, certain dénigrant même son existence.
Il reste que le jeune Tunisien issu de la génération Ben Ali, qui a en 2005 plus accès aux informations que nos parents n’est pas dupe. Nous savons que le règne de Ben Ali tire à sa fin et que le post-Ben Ali avance à grand pas.
Il est temps que notre chère opposition qui se lamente de l’indifférence de la jeunesse actuelle, aille vers les jeunes, parle aux jeunes et s’intéresse à leurs rêves mais aussi à leur craintes.
Car c’est bien à elle que revient le devoir de redonner aux Tunisiens leur pays.
Messieurs Halouani, Chebbi, Marzouki, Mokhtar Yahyaoui et tous les autres, qu’attendez-vous !!? |