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Cette peur prend racine dans notre passé, souvent dans notre enfance avant l’age adulte et cette même peur devient pathologiques une fois ces enfants que nous sommes devrons affronter la société.
Ainsi, si exister est un droit, et que dans certaines mesures un devoir il est rare que nous en jouissions pleinement.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce rabaissement, de cette impossibilité de dire non, de refuser un a priori, de réfuter une certaine éthique.
Tout d’abords, il est bon de savoir et d’être conscient que nous n’avons pas en général vraiment été éduqué pour être nous même, nous exprimer, mais plutôt pour obéir, accepter des normes, rentrer dans des moules, même s’ils ne nous conviennent pas ou si nous nous y sentons un peu à l’étroit.
D’autre part, le manque d’habitude à dialoguer peut favoriser l’affirmation de soi , ni l’expression spontanée de ses points de vue nous sommes rarement habitués dans nos familles ou à l’école à exprimer nos opinions, nos avis, nous y étions rarement invités. Exemple, dans le système éducatif tunisien, les élèves ne sont initiés à l’argumentation qu’à partir de la 6 eme année secondaire (donc à peu prés à 17 ans) comme si petits ils n’avaient pas à avoir un avis ou qu’ils n’étaient pas capables de débattre (remarque : dans ce genre d’épreuve la majorité est vouée a l’échec).
En effet nous avons en général d’avantage tendance à faire de la résistance passive, plutôt qu’à exprimer clairement notre position, notre perception et notre désaccord. De surcroît, si cette absence de dialogue n’a pas favorisé notre expression naturelle, elle n’a pas non plus favorisé ce sentiment plus profond qu’est d’exister que permet le fait même de communiquer, de parler et surtout d’être écouté et entendu. Ainsi l’impact du contexte culturel et l’habitude de prise à communiquer ou non jouent toujours un rôle non négligeable dans notre difficulté de dire non.
Outre les demandes exprimées ou non exprimés, il existe dans toute société, dans toute culture, quel qu’en soit le contenu une autre demande, qui est la « demande » sociale d’être et de rester dans une norme, la norme, celle des aliénés, celle du silence.
Cette demande nous a d’abord été adressée par le passé, pour nous socialiser et faire de nous des être capables de vivre en société. Toutefois, en nous apprenant à dire oui à l’ordre établi, aux lois et aux règles (parfois nécessaires et bénéfiques pour notre construction mais dans notre cas pas trop de les règles) cette demande nous a policé en nous apprenant indirectement à ne plus savoir dire non.
De fait, accepter de ne pas dire non et continuer ainsi c’est ce que nous faisons quand nous n’osons pas remettre en cause certaines règles ou certains modèles, transgresser certains interdits, quand nous laissons se produire sous nos yeux des événements qui nous choquent, qui nous blessent, mais que nous ne faisons rien pour l’arrêter.
L’impact de l’enfance a aussi une très grande part de reponsabilité, les jeunes tunisiens d’aujourd’hui n’ont jamais connu de la démocratie ou la liberté d’expression, ces concepts se limitent à un beau rêve d’une société et un pouvoir utopique, de toute évidence, un pouvoir autoritaire, dominateur favorise inévitablement la difficulté à s’affranchir de l’autorité, à ne plus la craindre et surtout ne plus craindre sa sanction.
Tout comme alors, compte tenu de notre taille nous voyons nos parents beaucoup plus grands qu’ils ne le sont en réalité, nous imaginons et nous leur attribuons également une autorité et un pouvoir bien important qu’ils ne le sont en réalité.
Ainsi plus on aura attribué au pouvoir du pouvoir, plus on les aura mis dans une position de toute puissance, puis il sera difficile ensuite de déjouer l’autorité.
Du coup s’exprimer revient alors inconsciemment à remettre en cause l’ordre établi. Ainsi nous voyons comment la dictature peut représenter l’autorité absolue, prendre le pouvoir, ou comment on peut le lui attribuer.
Dans ces conditions, nous restons toujours un peu enfant, l’enfant et l’idée, l’envie de dire non apparaîtra toujours comme une véritable rébellion.
Cela revient en effet à transgresser des interdits à la fois politiques, sociologiques et culturels et à modifier l’ordre des choses.
Vous comprenez peut-être déjà mieux pourquoi il n’est pas toujours simple de dire non. |