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Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme 21 rue Baudelaire - El Omrane Tunis Tel 00216894145 Fax 0021671892866 E.mail ltdh.tunisie@laposte.net
M. Mohamed Abou (Avocat, ancien membre du comité directeur de l’Association des Jeunes Avocats et dirigeant du Parti d’opposition « Congrès pour la République » a été arrêté le 01 mars 2005 pour avoir publié un texte relatif à l’invitation d’Ariel Sharon en Tunisie à l’occasion du prochain SMSI ( Tunis novembre 2005) M. Mohamed ABBOU aurait été présenté devant le juge d’instruction du 2ème barreau du tribunal de Tunis. Rappelons qu’après avoir nié l’existence même d’un dossier en son nom, les services du tribunal ont reconnu que M. Abbou a fait l’objet d’un mandat de dépôt le 28/02/2005. Les faits pour lesquels il aurait été arrêté remontent au 25 août 2004 date de publication d’un précédent article intitulé « Abou Gharib » Irak et « Abou Gharayib » Tunisie pour lequel il est accusé de divulgation de fausses nouvelles pouvant porter atteinte à l’ordre public incitation à la haine. Des dizaines d’avocats ont été agressés et refoulés par les forces de police à l’extérieur du Palais de la justice pour être empêchés d’assister M. Abbou devant le juge d’instruction malgré les promesses contraires faites par le ministre de la Justice au bâtonner M. Abdessattar Ben Moussa.
Mme Hina JILANI représentante du secrétaire général des Nations Unies pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme n’a pu se rendre à Tunis, suite au retard mis par les autorités tunisiennes à lui remettre un visa d’entrée en Tunisie . La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme et la Fédération International des Ligues des Droits de l’Homme (dans le cadre de l’Observatoire : programme commun de la FIDH et de l’Organisation Mondiale contre la Torture) organisait pour les 5 et 6 mars 2005 un séminaire sur « Les Mécanismes de Protection de Défenseurs des Droits de l’Homme » devait assister des conférenciers tels que la Représentante de la Commission Africaine des Droits de l’Homme, le Représentant de l’union Européenne ainsi que des conférenciers venant de l’Algérie et du Maroc, et des universitaires. Par ailleurs, il est à noter que les autorités avaient déjà préalablement fait pression sur l’hôtel qui devait accueillir les travaux du séminaire de formation en présence de Mme Hina JILANI pour l’amener à annuler son accord définitif de réservation.
Un meeting de protestation contre l’invitation adressée par le gouvernement tunisien à Ariel Sharon à l’occasion du prochain Sommet Mondial de la Société de l’information, s’est tenu le 28 février 2005 au siège du Parti Démocratique Progressiste. Les partis et organisations présentes ont adopté le principe d’une coordination nationale pour amener les autorités à revenir sur l’initiative lancée.
Les autorités tunisiennes ont informé les partis et organisations qui prévoyaient de tenir un meeting de protestation contre l’invitation du criminel de guerre Ariel Sharon au prochain Sommet Mondial de l’Information en novembre 2005à Tunis que la manifestation était interdite. Cette mise en garde intervient suite à la demande déposée à cette fin pour la Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme, le Parti Démocratique Progressiste et le Forum Démocratique pour le Travail et les libertés. Par ailleurs, plusieurs institutions universitaires à Tunis, Sfax, Jendouba ont également connu des mouvements de protestation violemment réprimés par les forces de l’ordre contre cette visite dans les 28 février et 1 mars 2005. cinq étudiants auraient ont été arrêtés à Sfax et ont été traduits en justice, il s’agit de Hassen Ben Salem, Thouraya Hidouri, Najiba trabelsi, Khaled Hidouri et Chaouki Fourati.
Le tribunal de 1ère instance de Sfax a examiné le 3 mars 2005 l’affaire des étudiants Hassen Ben Salem, Thouraya Hidouri, Néjiba Trabelsi, Chaouki Fourat et Khaled Hidouri, arrêtés suite à leur participation à une manifestation estudiantine de protestation contre l’invitation de Sharon à Tunis. Le tribunal a refusé la demande d’expertise présentée par la défense pour faire constat sur les dommages corporels.subit au cours de l’arrestation. L’affaire a été repoussée au 10 mars pour le prononcé du verdict.
Le tribunal de 1ère instance de Tunis a examiné jeudi 24 février 2005 la plainte en référé présentée par des adhérents à la ligue, par ailleurs membres du RCD (parti au pouvoir) contre la LTDH pour annuler la tenue du congrès de la section de Tunis Bab Bhar - El Médina prévu pour le 27/02/2005 en attendant un jugement sur le fond sur la décision de fusion des deux sections dont la 1ere audience est fixée au 2 avril 2005. Rappelons qu’à ce jour le harcèlement judiciaire de la Ligue se poursuit depuis la tenue du 5ème congrès en octobre 2000, avec notamment 9 jugements en référé et 13 affaires au fond en rapport avec les dispositions prises pour la restructuration de la Ligue dont 2 en appel.
Le congrès de la section de Tunis Bab Bhar la Medina de la LTDH s’est déroulé Dimanche 27 février 2005 au siège de la LTDH . Les travaux du congres qui étaient présidés par Me Mokhtar Trifi President de la LTDH se sont achevés par l’élection du nouveau comité de la section ainsi que par l’attribution des fonctions à l’intérieur de ce comité comme suit : M Omar Mestiri : Président M Fethi Chamkhi : Vice président M Samir Bouraoui : Vice président M Ayachi Hammami : secrétaire général M Sallami Laamari : secrétaire général M Mohamed Salah Khemiri : trésorier M Mongi Souab : trésorier adjoint
La LTDH a été informée que la date du procès du groupe de jeunes arrêtés depuis le 3 avril 2004 et accusés selon les autorités d’appartenance à une organisation terroriste, n’a toujours pas été communiquée aux intéressés. Rappelons que les accusés détenus durant une semaine dans les locaux du ministère de l’intérieur y ont subi diverses tortures et mauvais traitements. Leurs domiciles ont fait l’objet de perquisitions qui visaient particulièrement le matériel informatique. Les familles se plaignent de la restriction des visites aux ascendants et aux frères et surs dans la limite de quatre personnes , des mauvaises conditions carcérales, ainsi que de la surveillance continue dont elles font l’objet. Sont accusés : Mohamed B.MOHAMED fonctionnaire (Bizerte) Rached GUESMI ouvrier (Manouba) Khaled MEHDHI ouvrier (Médenine) Tarek ZDIRI ouvrier (Tunis) Zayed CHAFROUD commerçant (Médenine) Zied TRABELSI étudiant (Tunis) Mohamed Anis BEJIA chômeur (Tunis) Chokri BEN OTHMAN chômeur (Tunis) Mohamed Amine HADHLI étudiant (Bizerte) Nizar RABBACHI chômeur (Tunis)
M. Abdallah ZOUARI hospitalisé suspend sa grève de la faim
En réponse à l’appel lancé par la société civile nationale et internationale, par des partis d’opposition , des personnalités du monde associatif et de l’opposition, M. Abdallah ZOUARI en grève de la faim depuis le 23 janvier a décidé vendredi 25 février de suspendre sa grève. M. Abdallah ZOUARI qui avait entamé sa grève pour s’élever contre la mesure de bannissement du ministre de l’intérieur qui l’astreint à vivre à 500 km de la capitale loin de sa famille, a été hospitalisé ce jour suite à une détresse respiratoire, à une tachycardie, en fait un épuisement général qui le contraint à rester hospitalisé. Abdallah Zouari, journaliste à « El Fajr » (interdit), organe d’Ennahdha (islamiste) qui a éclusé une peine de 11 ans pour appartenance à une association non reconnue, subit depuis sa libération en l’an 2000, un harcèlement continu puisqu’il a été condamné à trois reprises et a été emprisonné durant 13 mois. En contre partie de la décision de M. ZOUARI de suspendre sa grève, la société civile s’est engagé à soutenir ses revendications de pouvoir vivre sous le même toit que sa famille et de garantir sa liberté de circulation. Par ailleurs, M. ZOUARI a été empêché de recevoir un grand nombre de visiteurs venus lui exprimer leur solidarité par des forces de police en civil mobilisées 24h/24h.
La LTDH a organisé le vendredi 25/02/2005 au siège de la ligue une journée de solidarité avec les journalistes Florence AUBENAS et Giuliana Sgrena et Tayssir ALLOUNI, la persécution de certains journalistes en Tunisie notamment M Abdallah Zouari a été également évoquée.
Suite à la présence active des représentants de la société civile à la réunion préparatoire Prepcom2 du SMSI tenue à Genève du 15 au 26 février 2005, le journal « El Hadeth » appartenant à M. Abdelaziz JERIDI a pris sa campagne de diffamation à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme, les accusant notamment de trahison de leur patrie.
Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’Homme Tunis le 22 Février 2005
Les autorités algériennes ont décidé, le lundi 21 février, en fin d’après-midi, d’interdire à M. Khemais Chammari, expert consultant, ancien vice-président de la LTDH et de la FIDH, l’entrée du territoire algérien à son arrivée à Alger, en compagnie de Me Mokhtar Trifi, président de la LTDH, dans le cadre d’une mission de contact et d’écoute des organisations de la société civile et des autorités algériennes mandatée par la FIDH et le REMDH, et axée sur les préoccupations de celles-ci en matière de droits humains et de réformes dans la région arabe à la vielle du prochain sommet de la ligue des Etats arabes qui se tiendra à Alger prochainement. Le président de la LTDH a refusé, en signe de solidarité avec M. Khemais Chammari et de protestation contre cette mesure arbitraire, de quitter l’aéroport en dépit de l’autorisation qui lui a été donnée. Le président de la LTDH et M. Khemais Chammari ont donc été obligés de passer la nuit au poste de police de l’aéroport dans des conditions difficiles et indignes. Les autorités algériennes n’ont certes donné aucune explication à leur décision mais il semblerait que celle-ci s’inscrive dans le cadre de la politique engagée par le Conseil des Ministres de l’Intérieur arabes qui ont opté délibérément pour l’amalgame entre les défenseurs des droits humains et le terrorisme. Réitérant à M. Khemais Chammari l’expression de sa solidarité, la LTDH considère que les autorités algériennes ont gravement porté atteinte aux droits à la libre circulation des défenseurs des droits humains ainsi qu’à leur droit d’exercer leurs activités conformément aux dispositions de la déclaration des Nations Unies pour la protection des défenseurs. La LTDH tient, toutefois, à exprimer sa profonde satisfaction à la suite de marques de solidarité avec M. Khemais Chammari et Me Mokhtar Trifi, manifestées par les défenseurs algériens qu’ils ont eu la possibilité de contacter par téléphone ainsi que de leur condamnation de la décision des autorités algériennes. La LTDH invite le gouvernement algérien, ainsi que les autres gouvernements arabes, à mettre un terme à leur politique visant à criminaliser les activités des défenseurs à la seule fin de limiter leur liberté et de tenter de restreindre leurs activités sous couvert de lutte contre le terrorisme. Enfin la LTDH en appelle aux défenseurs des droits de l’homme dans les pays arabes pour qu’ils prennent garde à la gravité de mesures répressives auxquelles les défenseurs sont confrontés, sur incitation de leurs propres gouvernements, quand ils se rendent dans d’autres pays arabes, et afin de dénoncer de telles agissements dont ils doivent exiger la cessation immédiate.
Le Président de la LTDH Mokhtar Trifi |