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Le président sénégalais Aboulaye Wade a donné son accord pour une dépénalisation des délits de presse au Sénégal mais a demandé aux journalistes de faire des propositions pour les cas d’"atteinte à une institution" ou "à l’honneur d’un citoyen", selon un communiqué de la présidence publié mardi soir. "Répondant à la requête qui lui avait été adressée par les journalistes, le président de la République a exprimé au ministre de la Justice (Sérigne Diop) son accord pour la dépénalisation des délits de presse (...)", indique le communiqué. Il précise que le président Wade a demandé au ministre de la Justice "de consulter les organisations syndicales (des journalistes) pour savoir ce qu’elles proposent de mettre en place lorsque des propos parus dans les journaux portent atteinte à une institution nationale ou étrangère, ou à l’honneur d’un citoyen". La dépénalisation des délits de presse est "une vieille revendication que nous avons exprimée sous Abdou Diouf (ancien chef d’État du Sénégal de 1981 à et surtout à l’arrivée au pouvoir du président Wade (en mars 2000)", a déclaré mardi soir à l’AFP le secrétaire général du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics), Alpha Sall. M. Sall, qui est également secrétaire général de l’Union des journalistes de l’Afrique de l’ouest (UJAO), a annoncé que "les propositions (du Synpics) sont déjà prêtes" et qu’elles seraient soumises au chef de l’État. "Il ne faut pas que les journalistes aillent en prison si ce n’est en rapport avec des cas d’incitation à la haine raciale et la guerre civile", a t-il estimé. Pour lui, "ceux qui estiment avoir subi un préjudice peuvent obtenir réparation au civil dans des délais raisonnables n’excédant pas deux à quatre mois". Il s’est cependant prononcé contre "des condamnations financières mettant en péril la vie des entreprises de presse".
Agence France-Presse 19 - 10 - 2004 |