|
Le prix Sakharov 2004 pour la défense des droits de l’Homme a été décerné jeudi par le Parlement européen à l’Association bélarusse des journalistes (ABJ), qui défend la liberté de la presse face au régime autoritaire de Minsk, a annoncé le PE. Cette association, qui offre notamment une assistance juridique aux médias indépendants bélarusses pour les défendre devant les tribunaux, a été préférée à l’ancienne candidate à la présidentielle colombienne Ingrid Betancourt et aux défenseurs russes des droits de l’homme Sergueï Kovalev et Natalia Estemirova. Le président du Parlement européen, Josep Borrell, s’est félicité du choix de l’ABJ, "qui lutte pour la liberté de l’information que tente d’étouffer le président Loukachenko". "Le résultat des dernières élections montre à quel point ceux qui militent pour la liberté de l’information dans ce pays méritent le soutien du Parlement européen", a-t-il ajouté. Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, dont le régime très autoritaire est mis au ban de la communauté internationale pour ses atteintes aux droits de l’homme, a mis la presse de son pays en coupe réglée. Début septembre, les autorités bélarusses ont ainsi fermé six journaux indépendants en deux semaines, pour des raisons souvent "dérisoires", avait dénoncé l’ABJ lors d’une conférence de presse à Minsk. L’ABJ dénonce également les pressions économiques sur la presse indépendante encore autorisée, comme par exemple la redevance de quelque 2.000 euros par mois réclamée à certains médias pour publier les programmes de chaînes de télévision, alors que les journaux inféodés au pouvoir ne payent que 60 euros environ pour le même service. L’attribution du Prix Sakharov intervient alors que les eurodéputés doivent voter jeudi en milieu de journée une résolution très critique sur le régime bélarusse, et notamment sur le référendum organisé le 17 octobre pour permettre au président Loukachenko de se maintenir au pouvoir. Le prix Sakharov, qui sera remis en décembre et est doté de 50.000 euros, est décerné chaque année depuis 15 ans par le Parlement européen à des personnalités ou organisations ayant marqué de leur empreinte le combat en faveur des droits de l’Homme. Ses deux précédents lauréats avaient été, en 2002, le dissident cubain Oswaldo Paya, et en 2003 l’Onu et son secrétaire général Kofi Annan, en hommage au personnel des Nations unies tué l’année précédente en Irak.
Agence France-Presse 28 - 10 - 2004 |