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L’organisation Reporters sans frontières s’est élevée mercredi contre l’inculpation, au Libéria, d’un journaliste de l’hebdomadaire indépendant Vanguard à la suite d’une plainte déposée par un homme d’affaires libérien influent, Wendell Macintosh. "Alors même que le pays est en plein processus de transition après des années de guerre et que l’année 2004 était relativement calme, nous nous étonnons de cette soudaine attaque contre la presse indépendante", ajoute notamment RSF dans un communiqué publié à Paris. Dans son édition du 14 octobre, l’hebdomadaire affirmait que Wendell Macintosh, président d’une société d’importation d’automobiles et directeur local de l’African Development Agency (ADA), avait signé un contrat de vente de deux véhicules pour 13.000 dollars avec la Liberia Electricity Corporation (LEC) en février 2004, mais que ceux-ci n’avaient jamais été livrés. Interrogé par le journal pour connaître sa version des faits, Wendell Macintosh avait aussitôt prévenu son avocat, qui avait menacé l’hebdomadaire d’une action en justice si l’enquête paraissait. L’équipe dirigeante du Vanguard avait néanmoins décidé de la publier dans son édition du 14 octobre. Le lendemain, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire et son adjoint ont reçu une citation à comparaître, tout comme le journaliste auteur de l’enquête, Moses Kowo. Un mandat d’arrêt a été délivré contre ce dernier, avant qu’il ne soit laissé en liberté contre paiement d’une caution de 1.500 dollars libériens (environ 30 euros). RFS estime pour sa part que l’hebdomadaire "a fait son travail correctement" et que "ses journalistes ne devraient pas craindre d’être jetés en prison." "Nous appelons la justice libérienne à abandonner les poursuites engagées contre cet hebdomadaire. De plus, nous demandons au gouvernement de prendre conscience que la dépénalisation des délits de presse est indispensable pour bâtir une démocratie", a ajouté RSF.
Agence France-Presse 20 - 10 - 2004 |